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11 septembre 2026
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Sénégal : les peines pour homosexualité passent de 5 à 10 ans de prison selon le nouveau projet de loi

Jusqu’ici, la législation sénégalaise condamnait l’homosexualité sans la définir précisément. Ce flou laissait place à l’interprétation. Désormais, la qualification d’« acte contre nature » devient officielle, donnant aux autorités un arsenal répressif clairement délimité. Cette caractérisation englobe tout acte « sexuel ou à caractère sexuel », élargissant potentiellement le champ d’application bien au-delà des relations intimes stricto sensu.

Cette inscription marque un tournant législatif majeur en Afrique de l’Ouest. En fixant les contours juridiques de ce qui constitue un « acte contre nature », le Sénégal institutionnalise la discrimination et facilite les poursuites. Les implications sont immédiates : moins de zones grises, plus de condamnations possibles.

Pourtant, cette codification n’est qu’un volet du projet. Une autre disposition, moins médiatisée, vise directement ceux qui oseraient défendre les droits LGBT.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

La Criminalisation De L’Apologie De L’Homosexualité

Au-delà de la répression des actes, le projet de loi cible une nouvelle catégorie de « coupables » : ceux qui soutiennent publiquement les personnes LGBT. « Toute personne qui aura fait l’apologie de l’homosexualité sera punie d’un emprisonnement de 3 à 7 ans », déclare Ousmane Sonko. Cette disposition inédite transforme la simple expression d’un soutien en délit passible de prison.

Concrètement, défendre les droits des personnes homosexuelles, relayer des témoignages, participer à des campagnes de sensibilisation ou même exprimer publiquement une opinion favorable pourrait désormais conduire derrière les barreaux. Les militants associatifs, journalistes, artistes et citoyens risquent jusqu’à sept années d’incarcération pour avoir osé prendre la parole.

Cette extension de la répression ne vise plus seulement les individus LGBT, mais quiconque refuse de les condamner. Le texte instaure un climat de censure généralisé où la liberté d’expression se heurte frontalement à l’arsenal législatif. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une dérive autoritaire qui musèle toute voix dissidente.

L’impact dépasse la simple dimension juridique : en criminalisant le discours de soutien, le gouvernement sénégalais isole davantage une communauté déjà marginalisée et dissuade toute solidarité publique. Cette stratégie répressive pourrait transformer le Sénégal en zone de silence forcé sur les questions LGBT.

Reste désormais à savoir si les députés valideront ce texte controversé.

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