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17 septembre 2026
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Sonia Mabrouk, journaliste musulmane : pourquoi elle défend la civilisation occidentale comme une force et non une faiblesse

Cette position dérange autant qu’elle intrigue. Car en rejetant le récit catastrophiste, Sonia Mabrouk ne se contente pas de défendre des idées abstraites. Elle s’apprête à illustrer sa thèse par un exemple concret qui cristallise toute sa pensée : le sacrifice d’un héros chrétien devenu symbole universel.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Arnaud Beltrame, Symbole D’un Combat De Valeurs Universelles

Ce symbole universel porte un nom : Arnaud Beltrame. Le lieutenant-colonel mort en mars 2018 après avoir pris la place d’une otage lors de l’attaque terroriste de Trèbes incarne, pour Sonia Mabrouk, bien plus qu’un acte de bravoure isolé. Il représente la preuve vivante que les valeurs occidentales ne sont pas en déclin, mais capables de produire des sursauts héroïques face à la barbarie.

« Il a puisé dans ses valeurs chrétiennes, qui sont aussi des valeurs universelles, pour combattre le terrorisme », analyse-t-elle avec une précision qui désamorce toute récupération identitaire. Pour la journaliste, le geste d’Arnaud Beltrame transcende les appartenances religieuses. Son « projet de spiritualité », sa « foi chrétienne », son « héroïsme absolu » constituent un rempart concret contre le terrorisme, bien plus efficace que les discours théoriques sur le choc des civilisations.

Mais Sonia Mabrouk ne s’arrête pas à l’hommage. Elle déplore que les intellectuels « ne s’emparent pas davantage de l’exemple d’Arnaud Beltrame » pour nourrir une réflexion collective. Car c’est précisément dans ces valeurs qu’elle puise sa propre conviction : « Moi, je suis musulmane, mais j’adhère pleinement à la civilisation occidentale. Je ne peux donc pas dire qu’elle va mourir ».

Cette déclaration résonne comme un manifeste. En érigeant un héros chrétien en modèle de résistance, la journaliste musulmane trace les contours d’un projet de société qui refuse les assignations identitaires. Un projet qui trouve ses racines dans une enfance tunisienne où les frontières religieuses s’effaçaient lors des grandes célébrations.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Noël Et Islam : Le Témoignage Personnel Qui Défie Les Interdits

Cette enfance tunisienne refait surface chaque fin d’année, lorsque resurgit sur les réseaux sociaux la sempiternelle polémique : les musulmans peuvent-ils fêter Noël ? Pour certains, la réponse est tranchée. Noël serait « haram », interdit. Souhaiter de bonnes fêtes aux amis chrétiens constituerait même une transgression religieuse. Une vision rigoriste que Sonia Mabrouk balaie d’un revers de main, armée de ses souvenirs d’enfance.

« Mon souvenir de Noël remonte à l’enfance en Tunisie, en famille, où cette fête était partagée par différentes communautés, par des gens qui avaient différentes religions, différentes cultures », confie-t-elle au micro de CNews. Loin des débats théologiques qui enflamment Twitter, la journaliste décrit une réalité vécue : celle d’une Tunisie multiculturelle où musulmans, chrétiens et juifs célébraient ensemble les fêtes de chacun.

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