
Ce n’est que quelques jours plus tard, en dépouillant les données du radar, que les policiers municipaux ont découvert la véritable identité du contrevenant. Sur le cliché, au-dessus de la chaussée, un canard colvert s’envolait tranquillement, ailes déployées. L’appareil, appliquant son programme sans la moindre distinction, avait enregistré l’oiseau exactement comme il l’aurait fait pour n’importe quel véhicule en infraction.
La scène a d’abord provoqué l’amusement au sein des services municipaux. Mais en consultant les archives, les agents allaient bientôt tomber sur une coïncidence autrement plus troublante.
Sept ans plus tôt, la même scène au même endroit
En remontant les fichiers, les policiers ont retrouvé un cliché daté du 13 avril 2018. L’image montrait, au même point précis de la route de Köniz, un colvert en vol mesuré à 52 km/h — exactement la même vitesse, sur la même portion limitée à 30 km/h.

Même lieu, même date du calendrier, même vitesse enregistrée, sept ans d’intervalle : la probabilité d’une telle répétition a immédiatement frappé les agents. La commune a décidé de rendre l’affaire publique en la relayant sur sa page Facebook officielle, qualifiant le volatile d’oiseau « presque récidiviste ».
La publication a rapidement circulé et suscité de nombreux commentaires, soulevant inévitablement des doutes sur l’authenticité des images. L’idée d’un montage numérique, voire d’une création par intelligence artificielle, a été évoquée par plusieurs internautes.
Des radars certifiés, des images impossibles à falsifier
Face aux doutes exprimés en ligne, la police de Köniz a rappelé les garanties légales encadrant les appareils de contrôle automatique en Suisse. Ces équipements sont soumis à une certification annuelle délivrée par l’Institut fédéral suisse de métrologie, l’organisme officiel chargé de valider la fiabilité des instruments de mesure utilisés dans les procédures judiciaires.

Une fois enregistrées, les images issues des radars sont scellées numériquement : toute modification ultérieure du fichier est techniquement détectable et invaliderait immédiatement la procédure. Ce dispositif, conçu pour garantir la recevabilité des preuves devant les tribunaux, exclut par construction toute possibilité de falsification.
Les deux clichés — celui de 2018 comme celui de 2025 — ont donc été produits dans les mêmes conditions légales et présentent les mêmes garanties d’authenticité. La coïncidence, aussi improbable qu’elle paraisse, est bel et bien réelle.
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