En France, les automobilistes ont directement subi les conséquences. Au 1er mai 2026, le SP95-E10 atteignait en moyenne 2,016 €/L, le SP98 2,101 €/L et le gazole 2,204 €/L. Des niveaux qui pèsent lourdement sur le budget des ménages, dans un contexte de tensions persistantes sur le pouvoir d’achat.
Le plafonnement de TotalEnergies : geste social ou calcul d’image ?
Pour amortir la pression politique et sociale, TotalEnergies a instauré depuis le 8 avril 2026 un plafonnement de ses prix dans l’ensemble de ses 3 300 stations-service françaises, avec l’essence limitée à 1,99 €/L et le diesel à 2,25 €/L. Le groupe s’est engagé à maintenir ce dispositif « tant que la crise au Moyen-Orient durera ».

Pour les ponts du mois de mai — 1er mai, 8 mai et Ascension —, une opération spéciale « prix unique » est déclenchée, abaissant en outre le diesel à 2,09 €/L sur l’ensemble du réseau hexagonal. Une initiative présentée comme un soutien exceptionnel au pouvoir d’achat des Français durant ces week-ends prolongés.
Le groupe a également étendu son geste à ses clients énergie : les abonnés à l’offre TotalEnergies Électricité & Gaz bénéficient d’un plafond privilégié à 1,99 €/L quel que soit le carburant, y compris sur autoroute, et pour toute l’année 2026. Si ces mesures soulagent une partie des automobilistes, elles restent limitées au seul réseau TotalEnergies et ne couvrent pas l’ensemble des stations-service du pays.
Le détroit d’Ormuz, clé de voûte du marché pétrolier
Situé entre l’Iran et la péninsule arabique, le détroit d’Ormuz est le passage maritime le plus stratégique au monde pour le commerce pétrolier : environ 20 % de l’offre mondiale y transite chaque jour. Sa perturbation, dans le contexte des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, a provoqué une hausse mécanique des cours du brut répercutée directement sur les prix à la pompe en Europe. Selon des experts du secteur, chaque mois de perturbation du détroit ajouterait environ 30 dollars au prix du baril.
Le Pen brandit la taxe : justice sociale ou levier électoral ?
C’est depuis Sens, dans l’Yonne, que Marine Le Pen a posé ses conditions. La présidente des députés du Rassemblement national a d’abord salué le geste de TotalEnergies — « Total eux-mêmes se rendent compte qu’il faut qu’ils fassent cet effort » — avant d’en fixer la limite : si cette mesure ne suffit pas à bénéficier réellement au pouvoir d’achat des Français, « on fera les comptes ».

Sur RTL, elle a qualifié une éventuelle taxation des superprofits de « mesure de justice sociale » qu’elle dit « défendre depuis des années », invoquant des profits nés d’une crise internationale. Elle a toutefois tenu à nuancer ses propos, affirmant ne pas mener de « Total-bashing » et présentant le groupe comme « un champion national dont on est très fier ». Cette rhétorique d’équilibre — louer l’entreprise tout en menaçant de la taxer — traduit la complexité de la position lepéniste sur les grandes entreprises françaises.
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