Élément capital : la Sangre Grande Regional Corporation, instance compétente pour autoriser les inhumations dans le périmètre du cimetière de Cumuto, a confirmé n’avoir délivré aucune autorisation pour ces enterrements. « Toute inhumation réalisée sans autorisation constitue une violation de la réglementation régissant les opérations funéraires », ont précisé les autorités locales.
Des corps non réclamés éliminés illégalement : une faille réglementaire explosive
Dès le dimanche soir, la Première ministre Kamla Persad-Bissessar a tenu à rassurer la population. L’enquête avait d’ores et déjà établi qu’il ne s’agissait pas de victimes d’homicide. « Les corps découverts au cimetière de Cumuto étaient en réalité des dépouilles non réclamées qui étaient éliminées de manière irrégulière », a-t-elle déclaré dans un communiqué officiel.

Selon le directeur funéraire Nicholas St Rose, la procédure légale impose que toute inhumation soit préalablement validée par le registraire des Friendly Societies, organisme public chargé de superviser ces opérations. Cette étape obligatoire aurait été délibérément contournée, exposant les suspects à des poursuites pénales pour élimination illégale de cadavres.
Le ministre du Travail a annoncé attendre un rapport complet du registraire afin d’établir avec précision la responsabilité de chaque acteur de cette chaîne de défaillances. L’affaire met en lumière les lacunes d’un système censé garantir une prise en charge digne des personnes décédées sans famille connue ou sans identité établie.
Qui gère les corps non réclamés à Trinité-et-Tobago ?
Dans l’archipel, les corps non identifiés ou non réclamés par leurs familles sont théoriquement pris en charge par des entreprises de pompes funèbres agréées, opérant sous la supervision d’autorités sanitaires régionales. Toute inhumation doit être préalablement autorisée par le registraire des Friendly Societies, un organisme public de contrôle. C’est précisément cette procédure obligatoire qui aurait été délibérément contournée dans l’affaire du cimetière de Cumuto.
Un pays sous haute tension criminelle
La découverte a immédiatement suscité les pires craintes dans un pays habitué à la violence. Trinité-et-Tobago figure parmi les États les plus affectés par la criminalité dans les Caraïbes. Selon un rapport du département d’État américain publié en mars 2025, le pays affichait en 2023 un taux d’homicide de 37 pour 100 000 habitants, le classant au sixième rang mondial des nations les plus dangereuses.
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