
Depuis 2021, le gouvernement a décrété l’état d’urgence à quatre reprises pour tenter d’enrayer une spirale de violence alimentée par des gangs rivaux qui s’affrontent pour le contrôle des territoires et du trafic de drogue. C’est ce contexte sécuritaire dégradé qui explique pourquoi la nouvelle des 56 corps a immédiatement provoqué une onde de choc au sein de la population.
La Première ministre a tenu à dissocier cette affaire de la crise criminelle ambiante, appelant les citoyens au calme. « Il n’y a pas besoin de couvre-feu. Les citoyens respectueux de la loi sont encouragés à vaquer normalement à leurs occupations », a-t-elle conclu. La police a, de son côté, lancé un appel à témoins et averti que toute personne ou institution défaillante devra répondre de ses actes.
L’affaire du cimetière de Cumuto n’est pas un fait divers ordinaire : elle révèle les failles d’un système de gestion des corps non réclamés au sein d’un État déjà fragilisé par une décennie de violence endémique. Si les autorités ont rapidement écarté la piste d’un crime de masse, la dimension humaine de cette découverte — cinquante nourrissons inhumés clandestinement, sans cérémonie ni registre officiel — impose que toutes les responsabilités soient établies. Avec cinq suspects en garde à vue et plusieurs entités du secteur funéraire dans le viseur des enquêteurs, les prochains jours seront déterminants pour comprendre l’étendue exacte de ce scandale.
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