Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a franchi un…

La Proposition Controversée Du Ministre Et Ses Délais
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a franchi un cap lundi 9 février sur RTL. Les vacances d’été dans le secondaire pourraient être réduites de huit à quatre ou six semaines dans les prochaines années. Une annonce qui provoque une levée de boucliers immédiate chez les enseignants et personnels de direction.
Le calendrier politique affleure derrière cette déclaration. Si le ministre exclut toute réforme en 2026, il affirme sans détour que « c’est une vraie question de 2027 » – échéance de la prochaine élection présidentielle. Cette proposition s’inscrit dans la droite ligne des déclarations récentes d’Emmanuel Macron. Dans une interview à Brut, le chef de l’État avait plaidé pour des journées « plus courtes » au collège et au lycée, en contrepartie de vacances « plus courtes ». Le président envisageait déjà une rentrée dès le mois d’août et une fin des cours repoussée en juillet.
Cette vision n’est pas nouvelle sous le quinquennat. En 2023, Emmanuel Macron évoquait « trop de vacances » et suggérait une reprise dès le 20 août pour les élèves en difficulté. Aujourd’hui, son ministre de l’Éducation concrétise cette ambition avec un horizon temporel précis. Une stratégie qui cristallise immédiatement l’opposition du terrain éducatif, unanime dans son rejet.

L’Opposition Unanime Du Terrain : Arguments Climatiques Et Infrastructurels
Les professionnels de l’éducation opposent une fin de non-recevoir à cette réforme. « On a déjà du mal à faire cours en juin », tranche Jérôme Fournier, professeur d’histoire-géographie et secrétaire national du SE-Unsa. L’argument climatique s’impose comme premier obstacle. En 2019, les épreuves du brevet avaient dû être reportées début juillet à cause d’une canicule. Un précédent qui augure mal d’une année scolaire prolongée en plein été.
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la fédération CFDT Éducation, pointe l’inadéquation des infrastructures. « Les locaux scolaires ne sont pas du tout adaptés. Dans certains établissements du Sud, dès le mois d’avril, il fait trop chaud. » La professeure de sciences économiques et sociales révèle une pratique méconnue : « Il arrive même qu’on demande aux familles de garder leurs enfants si elles le peuvent. »
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