Cette vision n’est pas nouvelle sous le quinquennat. En 2023, Emmanuel Macron évoquait « trop de vacances » et suggérait une reprise dès le 20 août pour les élèves en difficulté. Aujourd’hui, son ministre de l’Éducation concrétise cette ambition avec un horizon temporel précis. Une stratégie qui cristallise immédiatement l’opposition du terrain éducatif, unanime dans son rejet.

L’Opposition Unanime Du Terrain : Arguments Climatiques Et Infrastructurels
Les professionnels de l’éducation opposent une fin de non-recevoir à cette réforme. « On a déjà du mal à faire cours en juin », tranche Jérôme Fournier, professeur d’histoire-géographie et secrétaire national du SE-Unsa. L’argument climatique s’impose comme premier obstacle. En 2019, les épreuves du brevet avaient dû être reportées début juillet à cause d’une canicule. Un précédent qui augure mal d’une année scolaire prolongée en plein été.
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la fédération CFDT Éducation, pointe l’inadéquation des infrastructures. « Les locaux scolaires ne sont pas du tout adaptés. Dans certains établissements du Sud, dès le mois d’avril, il fait trop chaud. » La professeure de sciences économiques et sociales révèle une pratique méconnue : « Il arrive même qu’on demande aux familles de garder leurs enfants si elles le peuvent. »
Deux instances officielles ont déjà tranché contre cette réduction. La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant a opté pour le maintien des seize semaines actuelles de congé dans son rapport de novembre dernier. Son verdict : « La réduction des vacances d’été n’est pas compatible avec les conditions climatiques, en particulier à cause de la chaleur. » La commission du conseil supérieur de l’éducation, dans son rapport 2024, recommande elle aussi le « maintien de huit semaines de vacances pleines en juillet et août ». Des avis consultatifs que le gouvernement semble prêt à balayer.

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