
La détention laisse des traces physiques profondes. « J’ai perdu 25 kilos en trois mois », dit-il simplement. Ce sont les soldats américains qui mettent fin à sa captivité: « Nous avons été libérés par les Américains qui nous ont bien retapés. On nous avait promis la croix de guerre, mais on n’a rien eu », ajoute-t-il, sans amertume apparente.
Libéré, il reprend l’uniforme quelque temps avant de redevenir ouvrier tréfileur en Haute-Marne. Il se marie, devient père de deux enfants, et s’installe en 1957 à Champagnole. Il travaille alors aux forges de la Serve, puis s’établit à Ney, dans le Jura, où il réside encore aujourd’hui.
Licencié à cinq mois de la retraite: « Là aussi j’ai eu du pot »
En 1975, l’usine où travaille Paul Petit prépare sa fermeture. Il est licencié alors qu’il n’est plus qu’à cinq mois de l’âge de la retraite. Une situation qui aurait pu le priver d’une partie de ses droits.

« Là aussi j’ai eu du pot. Il me restait cinq mois à faire avant la retraite et j’ai pu avoir les indemnités de départ », souligne-t-il. Ces indemnités de départ lui permettent de passer sans rupture vers une retraite qui dure depuis maintenant près de cinquante ans.
Un demi-siècle de retraite après une vie entière d’usine: le contraste est saisissant pour cet homme qui avait commencé à travailler avant même d’être adolescent. Le licenciement, vécu comme une injustice potentielle, s’est finalement soldé par ce qu’il considère comme un nouveau coup de chance.
Infarctus en 1995, doyen du Jura en 2026: « On n’arrive pas à 104 sans une bonne étoile »
En 1995, Paul Petit est victime d’un infarctus. Son fils le trouve à temps et lui administre un seau d’eau froide — un geste instinctif qui lui sauve la vie. « Je reviens de loin, car en 1995, j’ai fait un infarctus. C’est mon fils qui m’a sauvé. Il m’a trouvé et m’a administré un baquet d’eau froide. Ça a fait un électrochoc, il m’a sauvé la vie et là encore j’ai eu beaucoup de chance », raconte-t-il.
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