Lorsque la Lune a commencé à se déplacer devant le Soleil, chacun a regardé directement, sans protection. Louis utilisait son œil droit, Roger son œil gauche. « On pouvait voir la Lune grignoter le Soleil », se souvient Louis. L’observation a duré environ vingt secondes pour chacun d’eux.
Immédiatement après, une image lumineuse semblait rester imprimée devant leurs yeux. « Nous avions baissé les yeux vers le sol et on voyait encore une partie de l’éclipse comme si elle était imprimée dans notre œil », raconte Roger. Les deux adolescents ne mesuraient pas encore la portée de ce qu’ils venaient de subir.
Une lésion définitive sur la rétine, sans traitement possible selon une spécialiste
Des examens réalisés ultérieurement ont confirmé des lésions permanentes sur la rétine des deux hommes. Louis conserve une vision fonctionnelle grâce à son œil gauche, mais lorsqu’il ferme cet œil, une zone blanchâtre apparaît dans son champ visuel. Il compare cette gêne à un effet de floutage utilisé à la télévision.

Cette atteinte porte un nom médical précis: la rétinopathie solaire. Sweta Kavali, spécialiste de la rétine à l’université de Saint-Louis, explique que cette lésion peut réduire ou déformer la vision centrale. « Ces dommages sont généralement irréversibles et il n’existe aucun traitement », précise-t-elle.
Roger Duvall présente des séquelles similaires sur son œil gauche, celui qu’il avait utilisé lors de l’observation. Plus de cinquante ans après les faits, ni l’un ni l’autre n’a pu bénéficier d’une prise en charge permettant de restaurer la zone endommagée.
Qu’est-ce que la rétinopathie solaire?
La rétinopathie solaire est une lésion de la rétine causée par l’exposition directe à la lumière solaire intense, notamment lors d’une éclipse. Selon Sweta Kavali, spécialiste de la rétine à l’université de Saint-Louis, elle peut réduire ou déformer la vision centrale. Il n’existe à ce jour aucun traitement pour réparer les dommages causés.
« Si on avait regardé plus longtemps, on aurait été vraiment dans le pétrin »
Avec le recul, Louis Tomososki mesure l’étendue des dégâts qu’une exposition plus longue aurait pu provoquer. « Et ça, c’était 20 secondes de brûlure. Si on avait regardé plus longtemps, on aurait été vraiment dans le pétrin », dit-il.

Avant une nouvelle éclipse annoncée dans l’Oregon, il a pris l’initiative de contacter une chaîne locale pour alerter le public. Sa principale inquiétude porte sur les lunettes contrefaites ou insuffisamment protectrices, susceptibles de donner un faux sentiment de sécurité à ceux qui les portent.
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