L’Écosse a franchi un pas historique le 2 mars 2026 en devenant le premier pays du Royaume-Uni à légaliser l’aquamation, une méthode funéraire qui dissout le corps humain dans de l’eau chauffée à 150 degrés. Aussi appelée crémation verte ou crémation par l’eau, cette technique est présentée comme une alternative nettement plus écologique à la crémation classique. Si elle séduit déjà dans plusieurs régions du monde, en France, elle reste strictement interdite par la loi.
En bref
- —L’Écosse est le premier pays du Royaume-Uni à légaliser l’aquamation
- —La technique émet 7 fois moins de CO₂ que la crémation classique
- —En France, la pratique reste interdite sans loi en vue
Un procédé qui accélère la décomposition naturelle du corps
L’aquamation repose sur un principe chimique : la dissolution du corps humain dans un liquide alcalin sous pression. Le défunt est d’abord enveloppé dans un linceul biodégradable, généralement en soie ou en laine, avant d’être placé dans une cuve hermétique.

Cette cuve est remplie d’un mélange composé d’environ 95 % d’eau et 5 % d’hydroxyde de potassium, chauffé à près de 150 degrés Celsius sous pression. Ces conditions accélèrent considérablement le processus naturel de décomposition qui, dans le sol, s’étale normalement sur plusieurs dizaines d’années.
À l’issue du processus, il ne reste que les os du défunt, soigneusement rincés, séchés, puis réduits en poudre à l’aide d’un appareil spécialisé appelé le crémulateur. La famille reçoit ces cendres, comme après une crémation traditionnelle. Le coût de la prestation serait similaire, voire légèrement supérieur, à celui d’une crémation classique.
Des funérailles en pleine mutation
En France, la crémation représentait à peine 1 % des obsèques en 1980. Elle en représente désormais 46 % selon une enquête OGF-Ipsos de 2024, soit près d’une sur deux. Cette évolution profonde des pratiques funéraires reflète des changements de mentalité qui pourraient, à terme, ouvrir la voie à d’autres alternatives comme l’aquamation, l’humusation ou la cryomation.
Sept fois moins polluant que la crémation : un bilan écologique sans équivalent
Le principal avantage mis en avant par les partisans de l’aquamation est son empreinte carbone très réduite. Une crémation classique génère en moyenne 320 kilogrammes de dioxyde de carbone, principalement en raison de la combustion à haute température et de la consommation de combustibles fossiles nécessaire aux fours crématoires.

L’aquamation, elle, émettrait sept fois moins de CO₂. Le procédé n’utilise pas de flammes et les effluents liquides issus du processus sont traités par le réseau d’assainissement, évitant toute émission directe dans l’atmosphère.
Ces chiffres prennent d’autant plus de relief que la crémation est en plein essor. À mesure qu’elle se normalise dans les sociétés occidentales, la question de son impact environnemental devient centrale pour un nombre croissant de familles qui souhaitent des obsèques cohérentes avec leurs convictions écologiques.


