Une Française rapatriée du navire de croisière MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus des Andes, premier cas confirmé sur le territoire national ce 11 mai 2026. Son état s’est dégradé dans la nuit, au lendemain de son rapatriement. La France a activé un protocole sanitaire d’urgence inédit, tandis qu’un expert en santé publique compare sans détour ce virus au redoutable Ebola.
En bref
- —Premier cas d’hantavirus des Andes confirmé en France
- —3 morts et 9 cas recensés à bord du MV Hondius
- —Quarantaine obligatoire de 42 jours pour les rapatriés
À bord du MV Hondius : l’émergence d’un foyer sans précédent
Tout commence le 1er avril 2026, quand le navire de croisière néerlandais MV Hondius quitte le port d’Ushuaia, en Argentine, avec à son bord des passagers et membres d’équipage issus de 23 nationalités. Le navire effectue une croisière en eaux australes, avant que les premiers signes alarmants n’apparaissent à bord.

Le 2 mai, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) est notifié d’un cluster de maladies respiratoires graves parmi les personnes présentes sur le bateau. Les analyses confirment rapidement la présence du virus des Andes, une souche d’hantavirus particulièrement redoutée des épidémiologistes.
Au 11 mai 2026, le bilan s’établit à neuf cas au total — sept confirmés et deux probables — et trois décès. Le navire a rejoint le port de Granadilla, à Tenerife (Îles Canaries), le 10 mai, permettant l’organisation des dernières évacuations sanitaires.
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
Les hantavirus sont des virus transmis à l’homme principalement par contact avec des rongeurs infectés, leurs déjections ou leurs sécrétions. On dénombre 38 souches connues, dont la quasi-totalité ne se transmettent pas entre êtres humains. Le virus des Andes fait exception : seule souche à permettre la transmission interhumaine, il est endémique en Amérique du Sud et provoque un syndrome cardio-pulmonaire sévère, souvent fatal.
Le virus des Andes : une menace hors norme
Face aux premières mesures annoncées par les autorités françaises, le professeur Antoine Flahault, spécialiste de santé publique à l’université Paris Cité, a livré une analyse sans concession. Pour lui, « l’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola, au sens où il est mortel dans 32 % des cas, 36 % sur le bateau, il entraîne des détresses respiratoires aiguës gravissimes et fréquentes, et sa transmissibilité entre humains a été démontrée ».

Ce dernier point est central. Parmi les 38 souches d’hantavirus connues à ce jour, le virus des Andes est la seule capable de se transmettre directement d’une personne à une autre. Ce mode de transmission, documenté pour la première fois en 1996 en Argentine, nécessite généralement un contact étroit et prolongé — entre membres d’un même foyer, partenaires intimes, ou professionnels de santé exposés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) adopte, de son côté, une position plus mesurée. L’institution onusienne maintient que le risque de propagation au-delà du cercle des passagers et des cas contacts reste « absolument faible » pour le grand public. Cette divergence d’appréciation entre experts illustre l’incertitude qui entoure encore ce virus peu étudié en contexte européen.


