Depuis le 11 mai 2026, la France dispose d’un cadre légal d’urgence pour contenir le risque d’hantavirus lié au navire de croisière MV Hondius : un décret signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu impose une quarantaine stricte aux passagers rapatriés et à leurs contacts directs. Une ressortissante française hospitalisée à l’hôpital Bichat, à Paris, a été testée positive ; quatre autres compatriotes restent isolés dans l’attente d’une évaluation médicale. Face aux rumeurs de confinement général qui prolifèrent sur les réseaux sociaux, les spécialistes de santé publique sont unanimes : ce scénario n’est pas envisageable.
En bref
- —1 Française testée positive, hospitalisée en soins intensifs à Bichat.
- —22 cas contacts en France, quarantaine imposée sous 72 heures.
- —Les experts excluent tout risque de confinement national.
Du MV Hondius à Ténérife : quarante jours de crise en mer
Le MV Hondius, navire d’expédition battant pavillon néerlandais, a quitté le port d’Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026 avec 147 passagers de 23 nationalités à bord. Moins de deux semaines plus tard, un premier passager décédait du virus, le 11 avril. Son corps a été transporté à terre à Sainte-Hélène le 24 avril ; sa femme, qui avait débarqué sur l’île, est morte deux jours plus tard dans un hôpital de Johannesburg. Un troisième décès est survenu à bord le 2 mai.

C’est à cette date que l’Organisation mondiale de la Santé a reçu son premier signalement de l’épidémie. Le navire, alors en route vers l’Europe, a été bloqué le 3 mai au large de Praia, dans l’archipel du Cap-Vert, avant d’être redirigé vers les îles Canaries. Il a finalement accosté à Ténérife le 10 mai, où les passagers ont pu débarquer après quarante jours en mer.
Les opérations de rapatriement ont concerné six pays européens ainsi que le Canada. Au 12 mai, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recensait 11 personnes atteintes — 9 cas confirmés et 2 cas probables — réparties dans 13 pays, dont la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Espagne et les États-Unis.
L’hantavirus Andes, une souche venue d’Amérique du Sud
Le virus des Andes est endémique en Amérique du Sud, principalement en Argentine, au Chili et en Bolivie, où il circule dans certaines populations de rongeurs sauvages. Il est habituellement transmis à l’homme par contact avec ces animaux ou leurs déjections, notamment lors d’activités en milieu rural ou forestier. Sa capacité de transmission interhumaine, exceptionnelle parmi les hantavirus, a été documentée pour la première fois dans des foyers familiaux en Patagonie dans les années 1990.
Le dispositif sanitaire français : décret, quarantaine et premier cas positif
Pour éviter toute diffusion du virus sur le territoire national, le gouvernement a publié au Journal officiel du 11 mai un décret en sept articles. Le texte place les passagers du MV Hondius ayant séjourné à bord entre le 1er avril et le 10 mai en quarantaine dans un établissement de santé, le temps d’une évaluation médicale et épidémiologique. Selon leur situation, ils peuvent ensuite être maintenus en quarantaine ou placés à l’isolement pour une durée totale maximale de 42 jours — durée correspondant à la période d’incubation maximale connue du virus.

Parmi les cinq ressortissants français rapatriés et hospitalisés à l’hôpital Bichat à Paris, une femme a été testée positive après que son état s’est dégradé. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé le 11 mai que les quatre autres patients restaient hospitalisés « jusqu’à nouvel ordre, au minimum 15 jours ». La France se dit par ailleurs prête à faire face à la situation « en termes de masques, de tests PCR et de médicaments ».
Le décret identifie également 22 cas contacts sur le territoire français : il s’agit des passagers des vols du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, puis entre Johannesburg et Amsterdam. Ces personnes sont tenues de se signaler sans délai aux autorités sanitaires et de respecter une quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection, devant intervenir sous 72 heures. Le texte prévoit des sanctions pénales en cas de non-respect de ces obligations.


