Josiane Balasko publie Le Dernier Sanctuaire (Calmann-Lévy), un roman d’aventures écologiste qu’elle a « conçu comme une série, sans temps morts ». Dans un entretien accordé à Gala, la comédienne aborde aussi son Molière récemment reçu, son soutien à sa nièce Coline Berry et ses lectures sur l’affaire Gisèle Pélicot.
En bref
- —Un roman d’aventures déclenché par un décret de Trump sur la chasse aux ours
- —Un Molière reçu pour une pièce sur les violences conjugales
- —Un soutien public à sa nièce Coline Berry, qui accuse son père d’inceste
Le Dernier Sanctuaire, un roman né d’un décret de Trump sur les forages pétroliers
Le point de départ du livre est politique et précis. « Donald Trump et son décret pour que les chasseurs aient le droit de tuer des ours pendant leur hibernation, afin de permettre des forages de pétrole, ont été un déclencheur pour l’écriture de ce livre », avoue Josiane Balasko. Le roman imagine une société où l’environnement est sacrifié au profit de l’argent, et met en scène un groupe de résistants dont l’équilibre est bouleversé par l’arrivée de deux femmes : une vieille Indienne aveugle « d’une lucidité troublante » et une jeune héritière qui devient un atout inattendu.

Pour construire son intrigue, Balasko a puisé dans ses lectures d’enfance : Jack London, James Oliver Curwood, Jules Verne, et « tous ces bouquins de la Bibliothèque verte » que lui faisait lire son frère, de dix-sept ans son aîné. « Ils mettaient en scène des trappeurs, des animaux sauvages, des chiens de traîneau. Il y avait des bagarres entre chercheurs d’or et j’adorais ça », se souvient-elle.
Ces lectures avaient aussi une fonction thérapeutique. Enfant, une angine mal soignée lui a causé des rhumatismes articulaires aigus qui l’ont contrainte à rester alitée, sous la surveillance de religieuses venues lui faire des piqûres à domicile. « Ça m’embêtait beaucoup ! » dit-elle. C’est dans cet immobilisme forcé qu’elle a commencé à s’inventer des histoires et à les dessiner sur des cahiers.
Un Molière reçu pour une pièce sur les violences conjugales jouée avec sa fille
Josiane Balasko vient de recevoir un Molière pour Ça, c’est l’amour, une pièce sur les violences conjugales qu’elle a jouée aux côtés de sa fille. L’expérience l’a profondément marquée par les retours du public féminin. « Vous n’imaginez pas le nombre de spectatrices qui sont venues me voir à la fin des représentations. Elles avaient vécu cette situation et venaient nous dire que ça faisait du bien de la voir représentée. »

Pour Balasko, ce phénomène illustre une forme de transmission propre aux femmes. « Je pense que les femmes peuvent transmettre aux autres femmes des messages que les hommes ne transmettront pas », dit-elle, précisant croire à « cette forme de solidarité » — pas de façon, selon ses mots, « gnan-gnan ».
L’engagement de la comédienne pour des sujets longtemps invisibilisés est ancien. Elle rappelle qu’au moment d’écrire Gazon maudit, « on parlait des hommes gays mais jamais des lesbiennes ». Pour Cliente, un film sur des femmes qui paient des call boys, il lui a fallu d’abord publier un livre qui s’est vendu à 100 000 exemplaires avant qu’on lui accorde sa confiance. « J’ai mis cinq ans pour monter le film. Si j’avais été Almodóvar ou Blier, ce serait allé beaucoup plus vite ! »
Coline Berry à l’Assemblée nationale : Balasko appelle à supprimer la prescription pour les crimes sur mineurs
Josiane Balasko soutient publiquement sa nièce Coline Berry, fille de Richard Berry et Catherine Hiegel, qui accuse son père d’inceste. « C’était important pour elle que je la soutienne, et c’était important pour moi de la soutenir parce que je la crois », déclare-t-elle.


