En pleine canicule, une pétition baptisée «Pas de volets, pas de loyer», portée avec l’association Droit Au Logement, a récolté plusieurs milliers de signatures en quelques jours sur Change.org. Les signataires réclament un droit à la suspension du loyer pour les locataires dont le logement est dépourvu d’équipements de base contre la chaleur. Un slogan qui résonne comme une menace de «grève des loyers», dans un cadre juridique qui, pour l’heure, n’y répond pas.
En bref
- —Pétition virale : des milliers de signatures en quelques jours
- —49 % des Français ont souffert de la chaleur chez eux en 2025
- —La loi actuelle interdit toute suspension de loyer sans décision d’un juge
«Pas de volets, pas de loyer» : ce que réclament les locataires en colère
La campagne cible précisément les appartements sans volets, sans stores ni brasseurs d’air, exposés plein sud derrière de grandes baies vitrées. Les signataires dénoncent des «conditions indignes» et exigent un droit à la suspension du loyer pour tout locataire dont le logement est «invivable car dépourvu d’équipements de base contre la chaleur». Pour eux, stores, volets en bois et ventilation nocturne devraient relever du minimum vital.

Le texte de la pétition convoque le souvenir de l’été 2003, où 15 000 personnes sont mortes de la chaleur, comme un avertissement : «Si on ne s’adapte pas au changement climatique, l’été 2003 […] pourrait devenir la norme.»
Dans la foulée, les militants demandent au gouvernement de reprendre une proposition de loi transpartisane, déjà signée par 149 députés, qui créerait un droit pour les locataires d’exiger des protections solaires extérieures et des brasseurs d’air dans leur logement loué.
La précarité énergétique d’été, un angle longtemps ignoré
Pendant des années, la précarité énergétique a surtout été traitée sous l’angle du chauffage en hiver. La multiplication des canicules remet en lumière son pendant estival : des logements qui accumulent la chaleur faute de protections solaires adaptées. L’été 2003, avec ses 15 000 morts, reste la référence tragique qui structure ce débat en France.
43 % des logements sans protection solaire suffisante, selon une étude sur 9 millions de DPE
Les chiffres documentent une réalité qui s’aggrave. Selon le médiateur national de l’énergie, 49 % des Français ont souffert de la chaleur chez eux en 2025, contre 42 % en 2024. Le baromètre Qualitel 2025 va plus loin : 66 % des personnes interrogées déclarent mal supporter la chaleur à domicile, alors que les dernières canicules ont maintenu les températures nocturnes au-dessus de 25 °C dans de nombreuses villes.


