Pour justifier sa décision, elle avance un argument de rapport de force: « Pour aller au combat, il fallait quelqu’un qui porte les armes dont Patrick Bruel est lui-même muni: la notoriété, la puissance médiatique. » Elle insiste sur le fait que son propre témoignage ne devait pas éclipser celui des autres: « Je suis sortie de l’anonymat pour qu’on entende toutes les victimes. »
Flavie Flament accuse Patrick Bruel de l’avoir violée en 1991, alors qu’elle avait 16 ans. Le chanteur conteste les accusations portées contre lui.
« Je rêve d’un procès »: la prescription, obstacle central du dossier
Interrogée sur ses attentes, Flavie Flament est directe: « Aujourd’hui, plus que jamais, je veux aller dans le bureau d’un juge d’instruction et qu’on entende la jeune fille que j’étais. » Elle ajoute: « Je rêve d’un procès. »

Les faits qu’elle dénonce remontent à 1991, ce qui place la question de la prescription au cœur de son dossier. Elle reconnaît que le procès n’est pas acquis, mais exprime un besoin de reconnaissance judiciaire: « J’ai ardemment besoin de cette reconnaissance-là, comme toutes les autres victimes pour qui les faits rapportés pourraient être prescrits. »
Pour contourner cet obstacle, elle avance une piste juridique liée à la multiplicité des accusations: « Dans le cadre d’agressions en série, il pourrait être possible de faire tomber la prescription. Ainsi, les victimes pourraient être entendues. » Cette hypothèse reste à ce stade une piste évoquée par Flavie Flament elle-même, et non une décision judiciaire.
Une affaire née d’une enquête de Mediapart
L’affaire Patrick Bruel a éclaté au grand jour avec la publication d’une enquête de Mediapart réunissant les témoignages de quinze femmes. Le chanteur, figure populaire de la scène française, a depuis dû se retirer des Enfoirés. Flavie Flament, connue notamment pour avoir dénoncé le photographe David Hamilton, est la première à avoir levé l’anonymat dans ce dossier.
Deux nouvelles plaintes en juillet, un dossier qui continue de s’élargir
Selon Mediapart, deux nouvelles plaintes ont été déposées les 16 et 23 juillet 2026. L’une concerne un viol qui aurait été commis à l’automne 1994, l’autre une agression sexuelle qui aurait eu lieu au printemps 2005.

Depuis la mi-juin, six autres femmes ont également porté plainte pour des faits de viol, de tentative de viol ou d’agression sexuelle. Treize autres femmes ont par ailleurs dénoncé des faits plus anciens, dont certains apparaissent prescrits.
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