
« Il reconnaît son implication dans la disparition de sa femme et tenait à libérer sa conscience », assurent ses deux conseils, qui ont révélé l’existence de cette lettre dans La Dépêche du Midi. Ils précisent qu’il se met désormais à la disposition de la justice pour aider à retrouver le corps de Delphine.
Pour en arriver là, expliquent-ils, il a fallu des mois de travail patient pour l’aider à sortir de l’engrenage du mensonge. Ses défenseurs disent avoir attendu qu’il soit prêt afin que ses aveux soient complets et non biaisés, avant de les présenter à l’institution judiciaire.
« Il n’a qu’une hâte »: retourner sur les lieux avec les enquêteurs
Le lendemain de la révélation de la lettre, Mes Guy Debuisson et Pierre Debuisson se rendent à Seysses pour voir leur client. Ils le trouvent soulagé d’avoir parlé, mais tendu, les yeux rivés sur les émissions télévisées qui commentent son revirement.

« Il n’a qu’une hâte: décrire la chronologie de cette soirée à la présidente de la cour d’assises et se rendre sur les lieux pour aider les enquêteurs à retrouver le corps de Delphine », confient ses avocats. Une déclaration qui change profondément la donne à deux mois du procès en appel.
Jubillar sait, répètent ses conseils, que tout passe désormais par la découverte du corps. Retrouver la dépouille de son épouse constitue à la fois l’enjeu humain central de l’affaire et un élément potentiellement déterminant pour la juridiction d’appel qui devra se prononcer sur sa peine.
Une condamnation sans corps ni aveux
En octobre 2025, la cour d’assises du Tarn a condamné Cédric Jubillar à 30 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse Delphine, disparue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. L’affaire avait été construite sur un faisceau d’indices — comportement de l’accusé, témoignages, relevés téléphoniques — en l’absence totale de corps et de scène de crime identifiée. Jubillar avait fait appel de cette condamnation, ouvrant la voie au procès du 21 septembre 2026.
Un récit qui contredit cinq ans de dénégations
Pendant toute l’instruction et lors du procès devant la cour d’assises du Tarn en octobre 2025, Cédric Jubillar maintenait une version immuable: il s’était couché tôt ce soir-là, ne s’était réveillé qu’à 3 h 45 et avait alors alerté la gendarmerie d’un « Allô, ma femme a disparu… ». Il minimisait également les disputes conjugales, affirmant que son fils Louis « s’est trompé de jour et de dispute, car il y en avait souvent ».

Aujourd’hui, il reconnaît une vive altercation et affirme que « tout s’est passé dans la maison ». Il admet aussi avoir utilisé le véhicule familial cette nuit-là, déclarant: « Je l’ai garée dans le même sens. » Ces détails correspondent à des pistes que les enquêteurs exploraient depuis le début sans pouvoir les étayer.
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