Publié discrètement au Journal officiel, le texte n’a fait l’objet d’aucune communication gouvernementale particulière. La mesure entre en vigueur à compter de juillet 2026, après que la rétroactivité initialement prévue au 1er janvier 2026 a été repoussée à la suite de la mobilisation du secteur. L’État estime que la réforme lui permettra de réaliser environ 100 millions d’euros d’économies annuelles.
Un dispositif vieux de plusieurs décennies
L’exonération de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile a été instaurée pour encourager l’emploi déclaré et soutenir le maintien à domicile des personnes âgées. Accessible sans condition de ressources dès 70 ans, elle constituait l’un des principaux leviers permettant aux retraités modestes de financer un salarié à domicile. Sa remise en cause partielle marque un tournant dans la politique publique d’accompagnement du vieillissement.
Jusqu’à 255 euros de plus par mois : le choc financier pour les foyers
Pour les retraités de 70 à 79 ans qui emploient une aide à domicile, la suppression de l’exonération se traduit par un surcoût de 2,50 à 3 euros par heure d’intervention. Rapporté au coût global de l’emploi, cela représente une hausse estimée à 15 %.

À l’échelle mensuelle, selon le volume horaire contractualisé, certains foyers pourraient voir leur facture augmenter de jusqu’à 255 euros. Sur une année pleine, le surplus pourrait atteindre entre 1 000 et 1 500 euros, d’après les estimations des spécialistes du secteur.
Ce qui rend la mesure particulièrement difficile à absorber, c’est son caractère soudain. Les particuliers employeurs n’ont disposé d’aucun délai de transition pour adapter leur budget. Certains foyers pourraient être contraints de réduire le nombre d’heures de leur aide à domicile, voire d’y renoncer entièrement, avec des conséquences directes sur leur autonomie au quotidien.
La mobilisation inédite de neuf fédérations professionnelles
Dès mars 2026, avant même la publication officielle du décret, neuf organisations professionnelles ont adressé un courrier commun au gouvernement pour s’opposer à la réforme. Parmi elles figurent la FEPEM (Fédération des particuliers employeurs de France), la FESP, l’UNA, l’ADMR, le Synerpa et la Fedesap.

Dans ce courrier, les fédérations dénoncent une mesure « en décalage avec les objectifs affichés de soutien à l’autonomie et au maintien à domicile des personnes âgées ». Elles soulignent le risque que cette hausse de coût conduise une partie des employeurs à réduire leurs heures d’aide ou à basculer vers le travail non déclaré, fragilisant un secteur déjà sous tension.
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