Une Britannique atteinte de sclérose en plaques a été condamnée pour fraude après avoir perçu une allocation handicap élevée. Ses publications Facebook, où elle apparaissait lors de courses à pied, ont contredit les déclarations faites pour obtenir cette aide.
En bref
- —Elle touchait 2 292 livres par mois
- —Facebook a révélé 73 courses
- —Elle doit rembourser plus de 22 000 livres
Une allocation obtenue sur des déclarations contestées
Sara Morris, Britannique aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années, a été diagnostiquée d’une sclérose en plaques en 2005. Cette maladie neurologique peut provoquer des troubles moteurs, sensitifs, visuels ou de l’équilibre, avec des formes très variables selon les patients.

En 2020, lors d’une visite médicale liée à son dossier d’allocation handicap, elle aurait décrit des limitations importantes. D’après les éléments rapportés par la presse britannique et repris par Marie France, elle affirmait notamment ne pas pouvoir rester debout pour cuisiner ou sortir seule de sa salle de bains.
Ces déclarations lui ont permis d’obtenir un niveau élevé de Personal Independence Payment, une prestation britannique destinée aux personnes confrontées à des difficultés de santé ou de mobilité. Le montant évoqué atteint 2 292,63 livres par mois, soit environ 2 700 euros.
Pour comprendre
Le Personal Independence Payment est une prestation britannique liée aux conséquences concrètes d’un handicap sur la vie quotidienne. Dans ce type de dossier, l’enjeu n’est pas seulement le diagnostic médical, mais aussi le niveau réel d’autonomie déclaré à l’administration.
Facebook, point de départ de la contradiction
Le dossier a basculé lorsque les enquêteurs ont examiné ses publications sur Facebook. Entre mai 2019 et décembre 2022, Sara Morris aurait partagé 73 photos la montrant en train de participer à des courses à pied.

La contradiction était centrale pour l’enquête : d’un côté, des déclarations faisant état de difficultés sévères dans les gestes du quotidien ; de l’autre, une activité sportive régulière, notamment sur des distances de cinq ou dix kilomètres selon les éléments publiés.
Les autorités ont ensuite mis en place une surveillance en 2023. Sara Morris a été filmée alors qu’elle courait, un élément supplémentaire venu appuyer le dossier de fraude sociale.
Condamnation et remboursement imposé
Sara Morris a été condamnée en juillet 2024 à huit mois de prison pour déclaration frauduleuse. Lors de l’audience, elle a expliqué que son état de santé s’était amélioré après une période de forte fatigue liée à sa sclérose en plaques.

Elle a aussi soutenu que la course à pied l’aidait à mieux gérer sa maladie. Cet argument n’a pas empêché la justice de retenir que les informations transmises pour obtenir la prestation ne correspondaient pas à la réalité constatée.
Lors d’une nouvelle audience consacrée aux sommes dues, elle a été sommée de rembourser 22 386,02 livres sous 28 jours. À défaut, elle encourt une peine supplémentaire de neuf mois de prison.
Un dossier qui illustre la traque accrue des fraudes
Cette affaire s’est déroulée au Royaume-Uni, mais elle intervient dans un contexte européen de contrôles renforcés sur les prestations sociales. En France, la Caisse nationale des allocations familiales a indiqué que les fraudes détectées avaient augmenté d’environ 20 % en 2024.

Nicolas Grivel, directeur de la Cnaf, a toutefois précisé que cette hausse ne signifie pas nécessairement que les allocataires fraudent davantage. Selon lui, la progression tient aussi au fait que la Cnaf a amélioré ses capacités de contrôle.
La Cnaf estime que la fraude ne dépasse pas 3 % des montants versés par les CAF, pour environ 100 milliards d’euros de prestations chaque année. Elle affirme aussi récupérer une grande partie des sommes concernées, avec « 80 % des sommes » recouvrées selon les propos rapportés.
L’affaire Sara Morris montre le rôle croissant des traces numériques dans les enquêtes sur les prestations sociales. Elle rappelle aussi une distinction essentielle : une maladie peut évoluer, mais tout changement significatif de situation doit être déclaré lorsque des droits sociaux en dépendent.


