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25 juillet 2026
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Bolloré contre Grasset : de l’éviction d’Olivier Nora à la guerre culturelle

Le séisme Grasset : vingt-six ans d'histoire brisés en quelques jours
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Pour justifier cette décision, la direction d’Hachette — filiale dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de contrôle — met en avant des arguments économiques. Le chiffre d’affaires de la maison serait passé de 16,5 millions d’euros en 2024 à 12 millions d’euros en 2025, tandis que le résultat opérationnel aurait été divisé par deux, tombant de 1,2 à 0,6 million d’euros. La rémunération d’Olivier Nora, portée à 1,017 million d’euros contre 830 000 euros auparavant, est également pointée du doigt.

Un autre motif de friction est avancé : un désaccord sur la date de publication du prochain livre de Boualem Sansal. L’écrivain franco-algérien avait pourtant, selon Patrick Cohen, « justement choisi Grasset pour le catalogue et le prestige de cette maison ». Il se retrouve ainsi malgré lui au cœur d’une bataille qui le dépasse.

L’empire médiatique de Bolloré

Vincent Bolloré a progressivement pris le contrôle d’un vaste ensemble médiatique et culturel : CNews, Europe 1, le Journal du Dimanche, Canal+, et depuis 2023, le groupe Lagardère, qui chapeaute Hachette et ses filiales — dont Grasset, Fayard et J.T. Lattès. Patrick Cohen fait remarquer que l’ouvrage d’enquête Vincent est tout puissant, paru il y a huit ans chez J.T. Lattès, ne pourrait aujourd’hui plus être publié dans cette même maison, désormais intégrée à l’empire qu’il décrit.

La révolte des auteurs : cent soixante-dix signatures contre l’empire

La réaction du milieu littéraire est immédiate et d’une ampleur inédite. Dès le 15 avril 2026, une première vague de 115 auteurs signe une lettre ouverte pour annoncer leur départ de la maison d’édition. En quelques jours, ce chiffre monte à 170 signataires.

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