Cette tribune est aussitôt qualifiée par l’éditorialiste de France Inter de « réplique méprisante et vénéneuse à celui dont il a eu la peau » — une formule qui résume à elle seule la nature du rapport de force en jeu.
Patrick Cohen : « Le plus vorace des prédateurs » — un éditorial qui fait mouche
Le 20 avril 2026, au lendemain de la parution de la tribune, l’éditorialiste politique de France Inter Patrick Cohen consacre son billet matinal à Vincent Bolloré. Le ton est cinglant dès les premières lignes.

Il commence par l’ironie : « Un lecteur naïf ou très mal informé du JDD eût été en droit de se demander qui est ce Vincent Bolloré qui déboule en page 6 de son journal sans titre ni fonction. » Avant de pointer l’évidence : l’homme est « chez lui, dans son empire », et le fait qu’il paie les musiciens lui confère le droit d’en choisir la musique.
Pour Cohen, cette affaire n’est pas un accident isolé mais l’expression d’une méthode éprouvée. Il rappelle que Bolloré avait déjà recouru aux mêmes procédés « il y a dix ans à Canal+, en balançant les salaires des auteurs des Guignols au moment de leur couper la tête ». La même logique s’est ensuite appliquée à Europe 1, au JDD, aux éditions Fayard, et aujourd’hui chez Grasset. « Le plus vorace des prédateurs, le plus violent des démolisseurs est aussi le plus prévisible », conclut-il.
L’éditorialiste pointe également la peur qui paralyse les milieux culturels et politiques. Le cinéma reste « toujours mutique de peur de se voir priver de financement », tandis que la moindre critique publique contre le groupe « peut vous valoir des heures de dénigrement sur les antennes ».
Enfin, Cohen dénonce le traitement réservé dans le JDD aux auteurs démissionnaires, « caricaturés de façon infamante dans un papier digne de l’Action française ». Une démonstration de force qui constitue, selon lui, « une leçon de choses pour le monde des médias et de la culture » : Bolloré « n’a pas de limites ».
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