L’affaire Grasset dépasse la seule question du licenciement d’un directeur éditorial. Elle met en lumière la concentration croissante des médias et des maisons d’édition entre les mains d’un seul actionnaire, et ses effets concrets sur la liberté créative et rédactionnelle. La révolte de 170 auteurs, aussi inédite soit-elle, ne modifie pas le rapport de force : Vincent Bolloré conserve le contrôle de ses actifs et a clairement signifié, par sa tribune dans le JDD, qu’il entendait rester maître à bord. La question qui demeure est celle de la résistance — et de sa durée — dans un paysage culturel où, comme le résume Patrick Cohen, « qui paie les musiciens choisit la musique ».
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