C’est une rupture nette et assumée. Élisabeth Borne a annoncé ce mercredi 6 mai sur France Inter sa démission de la présidence du Conseil national de Renaissance et son retrait du bureau d’exécution, invoquant un désaccord profond avec la ligne politique du parti. Cette prise de distance s’accompagne d’attaques frontales contre Gabriel Attal et du lancement d’un projet politique personnel, alimentant les spéculations sur ses ambitions pour 2027.
En bref
- —Borne quitte la direction de Renaissance le 6 mai
- —Elle accuse Attal d’avoir dévoyé le parti
- —Son livre « Réveillons-nous !» sort le 7 mai chez Robert Laffont
Une démission annoncée en direct sur France Inter
C’est sur l’antenne de France Inter qu’Élisabeth Borne a choisi de rendre publique sa décision. L’ancienne Première ministre a annoncé qu’elle démissionnait de la présidence du Conseil national de Renaissance et se mettait en retrait du bureau d’exécution du parti.

Pour autant, Borne ne coupe pas tous les ponts : elle conserve sa simple adhésion au mouvement. Cette nuance est importante — il ne s’agit pas d’une défection, mais d’une mise à distance calculée de l’appareil dirigeant.
La raison invoquée est politique. L’ancienne locataire de Matignon déclare ne pas se « retrouver complètement dans la ligne politique » portée par la direction actuelle du parti. Une formule sobre, mais dont la portée est considérable venant d’une figure qui a présidé le Conseil national de la formation.
« Renaissance, c’est l’agence de com de Gabriel Attal »
Au-delà de la démission elle-même, c’est la virulence des critiques adressées à Gabriel Attal qui marque les esprits. Dans une formule tranchante, Élisabeth Borne a déclaré : « Renaissance n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal. » Une attaque directe contre le secrétaire général du mouvement, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle.

Les désaccords de fond sont précis. Borne cite notamment sa divergence sur le respect du droit international, sur l’attitude du parti à l’égard du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle avait également manifesté son opposition à des mesures annoncées par la direction, comme l’interdiction du port du voile pour les mineures de moins de 15 ans.
Au-delà des sujets, c’est la méthode qui est en cause. Borne dénonce l’absence de débat démocratique interne au sein de la formation. Une critique qui touche directement le mode de gouvernance d’Attal, accusé de transformer le parti en outil de promotion personnelle plutôt qu’en espace de délibération collective.


