Un épisode parmi une vague de condamnations pour harcèlement organisé
La condamnation du couple corse s’inscrit dans un contexte de campagnes coordonnées visant Brigitte Macron depuis plusieurs années. Le 5 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné dix personnes pour cyberharcèlement à caractère transphobe, avec des peines allant de quelques mois avec sursis à six mois de prison ferme pour le cas le plus grave.

Parmi les condamnés, trois profils ont été désignés comme les «instigateurs» les plus influents : l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan sur le réseau X, condamné à huit mois avec sursis ; la «médium» en ligne Amandine Roy, à six mois avec sursis assortis d’une suspension de ses comptes pendant six mois ; et le galeriste Bertrand Scholler, à six mois avec sursis.
Ces condamnations successives révèlent à la fois la nature organisée de ces campagnes et la réponse de plus en plus ferme du pouvoir judiciaire. La justice semble désormais déterminée à traiter les formes numériques de harcèlement avec la même rigueur qu’une atteinte directe à la personne, quelle que soit la sophistication des moyens employés.
Karl Zéro, voix discordante face aux verdicts de la justice
Malgré les condamnations qui s’accumulent, certaines personnalités publiques continuent d’alimenter la controverse. Après les jugements de janvier, le journaliste et réalisateur Karl Zéro a publiquement remis en cause la stratégie de défense de la Première dame, sans que ses propos soient étayés par le moindre élément factuel.

«Je me pose des questions, parce qu’évidemment, la défense de Brigitte Macron n’est pas terrible», a-t-il notamment déclaré. Selon lui, la production de photos de grossesse aurait permis de «clore définitivement le débat». Il a également évoqué ce qu’il qualifie de non-dits au sein de la famille Trogneux : «Il y a donc dans cette famille quelque chose de caché : un secret de famille».
Ces déclarations interviennent précisément tandis que des tribunaux prononcent des peines d’emprisonnement contre ceux qui propagent les mêmes soupçons. Cette contradiction entre discours médiatique et sanction judiciaire illustre la difficulté persistante à endiguer la désinformation lorsqu’elle est relayée par des voix dotées d’une audience réelle.
L’affaire de la déclaration fiscale falsifiée, aussi insolite soit-elle dans son mode opératoire, porte une leçon juridique importante : les outils administratifs de l’État peuvent être détournés pour servir des campagnes de harcèlement, et la justice est désormais prête à le sanctionner. En reconnaissant que l’injection d’une identité dégradante dans un système officiel constitue une usurpation — même sans accès frauduleux au compte de la victime — la cour d’appel de Paris adapte le droit à des formes de manipulation inédites. Il reste que les condamnations pénales, aussi nécessaires soient-elles, ne suffisent pas seules à tarir la source : tant que des voix publiques continueront à relayer le doute sans être tenues responsables, le harcèlement gardera toujours un espace pour persister.

