📌 Cancer du pancréas : première en Europe à Grenoble avec l’Alpha DaRT

Posted 29 avril 2026 by: Admin #Cuisine

Le 23 avril 2026, une équipe franco-canadienne a réalisé au CHU Grenoble Alpes une intervention inédite en Europe : l’implantation de 224 bâtonnets radioactifs directement dans la tumeur pancréatique d’un patient non opérable. Cette technique, appelée Alpha DaRT, vise à détruire le cancer de l’intérieur en diffusant des particules radioactives au cÅ“ur même de la masse tumorale. Elle s’inscrit dans un essai clinique français baptisé ACAPELLA, qui pourrait transformer la prise en charge d’une maladie aujourd’hui encore largement fatale.

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En bref

  • —224 bâtonnets de radium implantés dans une tumeur du pancréas inopérable
  • —Première en Europe, réalisée le 23 avril au CHU Grenoble Alpes
  • —Un essai pour 40 patients, appuyé sur des résultats canadiens prometteurs

Le 23 avril à Grenoble : une intervention inédite sur le continent

C’est dans une salle d’opération du CHU Grenoble Alpes qu’a eu lieu, jeudi 23 avril, ce que le monde médical attendait depuis plusieurs années en Europe. Une équipe d’une dizaine de médecins, physiciens et professeurs, venue de France et du Canada, a implanté 224 bâtonnets de titane recouverts de radium 224 directement dans la tumeur pancréatique d’un patient dont la maladie était jugée non opérable.

Le 23 avril à Grenoble : une intervention inédite sur le continent
Image d’illustration © TOPTENPLAY

L’intervention marque le coup d’envoi de l’essai clinique multicentrique ACAPELLA — acronyme d’Alpha DaRT for CAncer of the PancrEas in Locally advanced Adenocarcinoma. Coordonné par le Pr Gaël Roth, oncologue digestif à l’Université Grenoble Alpes, cet essai prévoit le traitement de jusqu’à 40 patients dans plusieurs centres français. Les participants sont des malades ayant déjà reçu une première ligne de chimiothérapie intensive, présentant une tumeur stable de moins de cinq centimètres.

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L’essai combine l’implantation des bâtonnets radioactifs avec la capécitabine, un médicament de chimiothérapie orale. L’objectif principal est d’abord d’évaluer la sécurité du dispositif. Mais les équipes médicales espèrent davantage : rendre certaines tumeurs inopérables à nouveau accessibles à la chirurgie, et peut-être obtenir des rémissions durables.

Pourquoi le cancer du pancréas est si difficile à traiter

Le pancréas est un organe profond dont les tumeurs ne provoquent généralement aucun symptôme avant d’atteindre un stade avancé. La chimiothérapie et la radiothérapie restent les traitements de référence, mais leur efficacité est limitée sur les formes localement avancées. Pendant des décennies, aucune innovation n’a réussi à modifier significativement le pronostic de ces patients.

Comment l’Alpha DaRT détruit la tumeur de l’intérieur

La technique Alpha DaRT — pour Diffusing Alpha-emitters Radiation Therapy — a été développée par la société Alpha Tau. Son principe repose sur la physique nucléaire : une fois implantés dans la tumeur, les bâtonnets libèrent progressivement du radium 224, un élément radioactif qui se désintègre spontanément.

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Comment l'Alpha DaRT détruit la tumeur de l'intérieur
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Cette désintégration produit des atomes « fils » à très courte durée de vie, qui diffusent sur quelques millimètres à l’intérieur de la masse tumorale en émettant des particules alpha à haute énergie. Ces particules sont capables de briser l’ADN des cellules cancéreuses et de provoquer leur mort. L’avantage décisif de cette approche est la portée extrêmement limitée des particules alpha : elles agissent localement, épargnant en grande partie les tissus sains qui entourent la tumeur.

Contrairement à la radiothérapie externe conventionnelle, qui irradie une zone étendue depuis l’extérieur du corps, l’Alpha DaRT cible la tumeur depuis l’intérieur avec une précision millimétrique. Les données disponibles suggèrent par ailleurs que ce traitement ne perturbe pas significativement le système immunitaire du patient — un avantage rare et précieux dans la prise en charge des cancers avancés.

Les résultats canadiens qui ont ouvert la voie

L’essai de Grenoble ne surgit pas du néant. Il prend appui sur un travail pionnier mené à l’Université McGill de Montréal, sous la direction du Dr Corey Miller, directeur de l’endoscopie thérapeutique. Entre 2023 et 2024, une première étude chez l’humain a été conduite sur 32 patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique avancé.

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Les résultats canadiens qui ont ouvert la voie
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les conclusions de cet essai canadien ont été présentées lors du symposium ASCO GI 2026 : la procédure s’est révélée techniquement faisable, les effets indésirables ont été jugés bénins, et un bon contrôle local de la maladie a été observé. Plus notable encore, les analyses biologiques ont montré une préservation du système immunitaire un mois après le traitement — sans modification significative des ratios cellulaires ni des marqueurs inflammatoires — ce qui distingue nettement l’Alpha DaRT de la radiothérapie classique.

Depuis lors, la base de données cliniques n’a cessé de s’étoffer. Alpha Tau présentera lors du congrès ASCO 2026, prévu fin mai, des données combinées portant sur 58 patients issus de trois études prospectives menées au Canada et en Israël. « Ce qui a commencé comme une première procédure de faisabilité chez l’humain est devenu un solide ensemble de données cliniques », a déclaré le Dr Miller. Les résultats complets seront simultanément publiés dans le Journal of Clinical Oncology.

11 %
C’est le taux de survie à cinq ans pour le cancer du pancréas en France, l’un des plus bas parmi tous les cancers solides.

Un cancer qui résiste encore à presque tous les traitements

Pour mesurer l’importance de cette avancée, il faut considérer la brutalité du cancer du pancréas. En France, il représente 16 000 nouveaux cas par an et se distingue par un pronostic parmi les plus sombres de l’oncologie moderne. En Europe, environ 140 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, dont quelque 42 000 patients présentent d’emblée une forme localement avancée et non opérable.

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Un cancer qui résiste encore à presque tous les traitements
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Au moment du diagnostic, seuls 10 à 20 % des tumeurs sont accessibles à la chirurgie. Et même lorsqu’une opération est possible, plus de 80 % des patients rechutent. Ce cancer est favorisé par plusieurs facteurs liés au mode de vie occidental : surpoids, diabète, tabagisme et sédentarité. Faute de symptômes précoces caractéristiques, il est presque toujours découvert à un stade avancé.

Pour les malades atteints d’une forme localement avancée — ceux que vise précisément l’essai ACAPELLA —, il n’existe aujourd’hui aucune thérapie de consolidation standard après la chimiothérapie initiale. C’est précisément ce vide thérapeutique que l’Alpha DaRT cherche à combler. Les projections épidémiologiques sont préoccupantes : ce cancer pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer en France dans les prochaines années.

La première européenne réalisée au CHU Grenoble Alpes ouvre une perspective concrète pour des milliers de patients qui, jusqu’ici, se trouvaient dans une impasse thérapeutique. L’essai ACAPELLA entre désormais dans sa phase active : les résultats sur la sécurité et l’efficacité de l’Alpha DaRT seront mesurés à deux, quatre et six mois après chaque implantation. Si les données françaises confirment ce qu’ont montré les travaux canadiens et israéliens, cette technique pourrait modifier en profondeur la prise en charge du cancer du pancréas en Europe — et redonner une chance chirurgicale à des patients qui en étaient privés.

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