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17 août 2026
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Cancer du pancréas : première en Europe à Grenoble avec l’Alpha DaRT

L’essai combine l’implantation des bâtonnets radioactifs avec la capécitabine, un médicament de chimiothérapie orale. L’objectif principal est d’abord d’évaluer la sécurité du dispositif. Mais les équipes médicales espèrent davantage : rendre certaines tumeurs inopérables à nouveau accessibles à la chirurgie, et peut-être obtenir des rémissions durables.

Pourquoi le cancer du pancréas est si difficile à traiter

Le pancréas est un organe profond dont les tumeurs ne provoquent généralement aucun symptôme avant d’atteindre un stade avancé. La chimiothérapie et la radiothérapie restent les traitements de référence, mais leur efficacité est limitée sur les formes localement avancées. Pendant des décennies, aucune innovation n’a réussi à modifier significativement le pronostic de ces patients.

Comment l’Alpha DaRT détruit la tumeur de l’intérieur

La technique Alpha DaRT — pour Diffusing Alpha-emitters Radiation Therapy — a été développée par la société Alpha Tau. Son principe repose sur la physique nucléaire : une fois implantés dans la tumeur, les bâtonnets libèrent progressivement du radium 224, un élément radioactif qui se désintègre spontanément.

Comment l'Alpha DaRT détruit la tumeur de l'intérieur
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Cette désintégration produit des atomes « fils » à très courte durée de vie, qui diffusent sur quelques millimètres à l’intérieur de la masse tumorale en émettant des particules alpha à haute énergie. Ces particules sont capables de briser l’ADN des cellules cancéreuses et de provoquer leur mort. L’avantage décisif de cette approche est la portée extrêmement limitée des particules alpha : elles agissent localement, épargnant en grande partie les tissus sains qui entourent la tumeur.

Contrairement à la radiothérapie externe conventionnelle, qui irradie une zone étendue depuis l’extérieur du corps, l’Alpha DaRT cible la tumeur depuis l’intérieur avec une précision millimétrique. Les données disponibles suggèrent par ailleurs que ce traitement ne perturbe pas significativement le système immunitaire du patient — un avantage rare et précieux dans la prise en charge des cancers avancés.

Les résultats canadiens qui ont ouvert la voie

L’essai de Grenoble ne surgit pas du néant. Il prend appui sur un travail pionnier mené à l’Université McGill de Montréal, sous la direction du Dr Corey Miller, directeur de l’endoscopie thérapeutique. Entre 2023 et 2024, une première étude chez l’humain a été conduite sur 32 patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique avancé.

Les résultats canadiens qui ont ouvert la voie
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les conclusions de cet essai canadien ont été présentées lors du symposium ASCO GI 2026 : la procédure s’est révélée techniquement faisable, les effets indésirables ont été jugés bénins, et un bon contrôle local de la maladie a été observé. Plus notable encore, les analyses biologiques ont montré une préservation du système immunitaire un mois après le traitement — sans modification significative des ratios cellulaires ni des marqueurs inflammatoires — ce qui distingue nettement l’Alpha DaRT de la radiothérapie classique.

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