L’activité cérébrale de chaque participant a été enregistrée par électroencéphalographie (EEG) pendant les sessions de rédaction. L’objectif n’était pas seulement de comparer la qualité des textes produits, mais d’observer comment le cerveau se mobilisait selon le niveau d’assistance disponible.
Les résultats montrent une hiérarchie nette. Les participants travaillant sans aucune aide numérique présentaient l’engagement cérébral le plus élevé. Ceux qui utilisaient un moteur de recherche se situaient entre les deux. Les utilisateurs de ChatGPT affichaient, eux, les niveaux d’activité les plus faibles.
Moins d’effort intellectuel délégué, moins de mémoire du contenu produit
Au-delà de l’activité cérébrale mesurée en temps réel, les chercheurs ont observé une différence notable du côté de la mémoire. Certains participants ayant utilisé l’IA éprouvaient davantage de difficultés à se souvenir précisément de ce qu’ils venaient d’écrire.

Contre toute attente, quelques-uns avaient même du mal à citer une phrase issue de leur propre essai peu après l’exercice. Un résultat qui s’explique, selon les auteurs, par le fait que chercher ses mots, hésiter, corriger une formulation ou construire soi-même un raisonnement sont des opérations qui participent à l’appropriation d’une information.
Les chercheurs introduisent à ce stade la notion de « dette cognitive ». Déléguer ponctuellement une tâche peut être efficace, mais confier systématiquement à un outil les étapes de recherche, d’organisation et de formulation pourrait réduire l’investissement cognitif de façon durable.
Une adoption mondiale qui interroge les chercheurs
ChatGPT est passé en quelques années d’un outil expérimental à un assistant utilisé dans des contextes très variés: rédaction professionnelle, recherche d’informations, conseils pratiques. Selon des estimations citées par Incremys, il compterait environ 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine en 2026. C’est précisément cette adoption massive et quotidienne qui a conduit des chercheurs à s’interroger sur ses effets cognitifs à long terme.
Après l’arrêt de ChatGPT, l’activité cérébrale ne revenait pas au niveau initial
L’une des observations les plus marquantes de l’étude est apparue lorsque les chercheurs ont modifié les conditions de l’expérience en cours de protocole. Après plusieurs sessions réalisées avec l’aide de l’IA, certains participants ont dû reprendre l’exercice sans ChatGPT.

On aurait pu s’attendre à ce que leur engagement cérébral rejoigne rapidement celui des personnes habituées à travailler seules. Ce n’est pourtant pas ce qui a été observé: leur activité cérébrale demeurait globalement inférieure à celle du groupe qui n’avait jamais bénéficié de l’assistance de l’IA.
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