
Pour justifier sa démarche, Ciotti dénonce ce qu’il appelle une « omerta » sur le sujet. « Il faut qu’on ait la vérité des chiffres parce que l’on nous ment depuis des années », a-t-il affirmé, évoquant un « coût gigantesque à plusieurs dizaines de milliards d’euros ». Ces chiffres, avancés sans précision méthodologique, anticipent déjà les controverses qui émailleront les travaux de la future commission.
Sur le plan procédural, cette commission ne pourra pas démarrer avant la prochaine session parlementaire 2026-2027, au plus tôt en juin prochain. Les règles de l’Assemblée nationale stipulent qu’un groupe ne peut solliciter la création d’une nouvelle commission d’enquête tant que la précédente, constituée au titre de son droit de tirage, n’a pas achevé ses travaux.
Un scénario déjà joué en 2025, puis mis de côté
Cette initiative n’a rien d’inédit. En juin 2025, l’UDR avait déjà déposé une proposition de résolution quasi identique, que la commission des lois avait jugée recevable. Son périmètre couvrait alors « les dépenses directes liées à l’accueil, l’hébergement, la santé, l’éducation et l’aide sociale des immigrés », ainsi que « le financement des associations d’aide aux étrangers en situation régulière et irrégulière ».

À l’époque, les auteurs de la résolution s’étaient défendus de toute arrière-pensée, assurant que la commission « ne visait pas à stigmatiser une population ou un groupe, mais à fournir une analyse factuelle et chiffrée pour nourrir un débat public informé ». Ces précautions de langage n’avaient pas dissipé les craintes des groupes d’opposition de gauche.
L’UDR avait finalement renoncé à ce premier projet en cours de session, Éric Ciotti annonçant sur Sud Radio la réorientation de son droit de tirage vers une commission sur la neutralité de l’audiovisuel public, confiée au député Charles Alloncle. La logique était lisible : concentrer l’impact médiatique de la commission sur un sujet alors plus porteur.
Les travaux de la commission Alloncle venant de s’achever avec l’adoption de son rapport, la voie est désormais libre pour l’UDR. Le groupe peut à nouveau activer son droit de tirage dès l’ouverture de la prochaine session, sans attendre davantage.
Le droit de tirage parlementaire
Chaque groupe d’opposition dispose d’un droit de tirage lui permettant de créer une commission d’enquête par session parlementaire. Ce mécanisme, inscrit dans le règlement de l’Assemblée nationale, garantit aux minorités un outil de contrôle indépendant de la majorité. Il ne peut être activé qu’une seule fois par session et seulement après la clôture des travaux de la commission précédemment constituée à ce titre.
Des études qui contredisent les chiffres brandis
Face aux « dizaines de milliards » avancés par Ciotti, les travaux des organismes économiques de référence livrent un tableau bien plus nuancé. L’OCDE estime que la contribution budgétaire nette des immigrés oscille entre -1 % et +1 % du PIB, ce qui revient à décrire un impact proche de l’équilibre selon les années et les méthodologies retenues.
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