Cette dimension reste moins visible, car la société considère souvent le lien entre grands-parents et petits-enfants comme secondaire par rapport au lien parent-enfant. Pourtant, dans de nombreuses familles, ces relations apportent des repères, des souvenirs partagés et une forme de continuité affective.
Pour comprendre
L’aliénation parentale est généralement abordée sous l’angle du parent mis à distance de son enfant. L’article de Vinita Mehta élargit cette lecture en montrant que les grands-parents peuvent aussi être coupés de l’enfant, sans être à l’origine du conflit.
Des grands-parents confrontés à un deuil sans disparition
Pour documenter cette souffrance, Vinita Mehta s’appuie sur une étude menée par Hila Avieli et Inna Levy, de l’Université Ariel. Les chercheuses ont interrogé 13 grands-parents âgés de 63 à 83 ans, séparés de leurs petits-enfants depuis au moins un an à la suite de conflits familiaux.

Les témoignages décrivent une douleur proche du deuil, mais sans disparition réelle de l’enfant. L’un des grands-pères interrogés résume cette attente par une phrase simple : « J’espère vivre assez longtemps pour les revoir ».
Ce sentiment est renforcé par le passage du temps. Les grands-parents voient l’enfance de leurs petits-enfants leur échapper, tandis que leur propre vieillissement rend l’attente plus douloureuse. La rupture devient alors une double urgence : préserver un lien et espérer le renouer avant qu’il ne soit trop tard.
Une souffrance encore peu reconnue
L’un des points les plus marquants de l’article est le sentiment d’invisibilité exprimé par les grands-parents. Leur souffrance est rarement au centre des discussions sur l’aliénation parentale, alors même qu’ils peuvent être directement privés d’une relation construite sur plusieurs années.

Plusieurs participants disent aussi se sentir exclus des décisions familiales. Un grand-père de 65 ans cité dans la source explique : « Je me sens tout seul dans cette bataille ». Cette solitude s’ajoute à l’impuissance, car les grands-parents n’ont pas toujours de prise sur le conflit qui les éloigne de l’enfant.
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