
Plus largement, les syndicats font valoir que demander aux enseignants d’absorber une réorganisation complète de leurs emplois du temps — sans revalorisation salariale préalable — revient à « mettre la charrue avant les bœufs ». La priorité, selon eux, est d’abord de rendre le métier attractif, pas de bousculer des professionnels déjà sous pression.
Sur le plan logistique, Geffray lui-même reconnaît que l’application uniforme d’un début à 9h se heurterait à des contraintes locales difficiles à surmonter, au premier rang desquelles l’organisation des transports scolaires. Dans les zones rurales ou périurbaines, décaler d’une heure l’arrivée des élèves bouleverserait des plans de ramassage scolaire construits sur des décennies. C’est précisément pour cette raison qu’il privilégie une approche expérimentale et territoriale, laissant aux établissements et aux collectivités une marge d’adaptation.
La déclaration d’Édouard Geffray marque une étape : pour la première fois, un ministre de l’Éducation nationale affirme publiquement et sans détour que les adolescents devraient commencer les cours à 9h. La convergence entre les recommandations scientifiques, les travaux de la Convention citoyenne et la position du gouvernement est inédite. Mais l’ambition bute sur une réalité multiple : réticences syndicales, casse-tête logistique et agenda politique. Renvoyée à la présidentielle de 2027, la réforme des rythmes scolaires reste, pour l’heure, un horizon plutôt qu’une décision.
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