📌 Cours à 9h, stages remaniés : deux chantiers urgents pour l’Éducation nationale
Posted 24 avril 2026 by: Admin
En l’espace de vingt-quatre heures, le gouvernement a mis sur la table deux réformes majeures pour l’enseignement secondaire. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, s’est dit favorable à un décalage du début des cours à 9 heures pour les collégiens et lycéens. Dans le même temps, la mort tragique d’un adolescent de 15 ans lors d’un stage obligatoire a contraint l’exécutif à envisager une refonte du dispositif.
En bref
- —Le ministre veut des cours à 9h, pas avant 2027
- —Calvin, 15 ans, tué par un chariot lors d’un stage
- —Les stages de 3ème et 2nde pourraient être remaniés
Cours à 9h : une conviction affichée, mais aucune réforme avant 2027
C’est sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC, le jeudi 23 avril 2026, qu’Édouard Geffray a exprimé publiquement son soutien à un décalage des horaires dans le second degré. « On a besoin que nos ados commencent à 9 heures plutôt qu’à 8 heures », a déclaré le ministre, ajoutant : « On n’a aucun doute sur le fait qu’un enfant apprend mieux le matin. »

Pour autant, le ministre a immédiatement tempéré ses propos. Il reconnaît ne pas pouvoir « changer les choses pour la rentrée 2026 » et qualifie le sujet de question pour la « présidentielle 2027 ». Aucune réforme contraignante ne sera donc engagée sous l’actuel gouvernement.
En attendant, l’approche retenue est incitative. Geffray dit promouvoir ce changement auprès des chefs d’établissement, libres de décider à l’échelle de leur collège ou de leur lycée. Sur la question des rythmes hebdomadaires, il a par ailleurs précisé ne pas être « forcément favorable à une remise en cause profonde » de la semaine de quatre jours, actuellement en vigueur dans la plupart des établissements.
Les rythmes scolaires, un débat récurrent en France
La question des horaires scolaires revient régulièrement dans le débat public français depuis plusieurs décennies. La semaine de quatre jours, aujourd’hui dominante dans les collèges et lycées, est elle-même le résultat de réformes successives et contestées. La Convention citoyenne sur le temps de l’enfant a récemment mis en lumière les contradictions entre les rythmes biologiques des élèves et l’organisation de la journée scolaire telle qu’elle est pratiquée en France.
Ce que dit la science : les adolescents ont un besoin biologique de dormir plus
La prise de position du ministre n’est pas une intuition politique isolée. Les travaux en chronobiologie sont formels : entre 12 et 18 ans, l’horloge biologique des adolescents se décale naturellement de deux à trois heures. Il leur est physiologiquement difficile de s’endormir avant 23 heures, alors que leurs besoins en sommeil restent de neuf à dix heures par nuit.

Un début des cours à 8 heures impose un lever souvent avant 7 heures, engendrant une dette de sommeil chronique. Selon les chercheurs spécialisés, 56 % des collégiens et lycéens sont affectés par ce phénomène, avec des conséquences mesurées sur la concentration, la mémorisation et la santé mentale.
En 2025, le Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN) a publié une note fondée sur une étude conduite auprès de 86 collégiens. Les résultats indiquent qu’un décalage à 9 heures apporterait en moyenne 27 minutes de sommeil supplémentaires par nuit, avec des effets positifs mesurables sur les résultats scolaires. Les spécialistes précisent par ailleurs que les capacités de concentration et de mémorisation atteignent leur pic entre 9h30 et midi chez les adolescents.
La mort de Calvin, 15 ans : un drame qui a forcé la main du gouvernement
Le 17 avril 2026, à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, Calvin, élève de 15 ans au lycée professionnel Sainte-Marie, est décédé dans le cadre de son stage obligatoire. L’adolescent conduisait un chariot élévateur dans la zone extérieure d’un magasin de matériaux lorsque l’engin s’est renversé dans un virage, l’entraînant sous son poids.

Le parquet a rapidement ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire. L’enquête, conduite conjointement par le commissariat de Bagnols-sur-Cèze et l’inspection du travail, vise à établir les conditions exactes du stage et à identifier d’éventuels manquements aux règles de sécurité. La mère de Calvin a également déposé une plainte pour dénoncer des négligences.
Le drame a profondément touché la communauté locale : quelque 250 personnes se sont réunies à Laudun-l’Ardoise pour rendre hommage au jeune homme. À l’échelle nationale, l’accident a relancé le débat sur les conditions d’accueil des mineurs en entreprise et sur les responsabilités des structures d’accueil, poussant le gouvernement à réagir dès le lendemain.
Réforme des stages : deux options sur la table, des concertations avant toute décision
La ministre Sabrina Agresti-Roubache a annoncé le 22 avril 2026 son intention de remanier les stages obligatoires des élèves de troisième et de seconde. Son objectif : offrir une alternative au modèle actuel, jugé insuffisamment protecteur pour certains élèves mineurs.

Deux formules seraient proposées au choix. La première conserve le dispositif en vigueur : l’élève est accueilli dans une entreprise pour toute la durée du stage. La seconde est une formule de visites quotidiennes : des groupes d’une dizaine d’élèves, accompagnés d’un enseignant, se rendraient chaque jour dans une entreprise différente pour rencontrer des salariés et des dirigeants.
Ce second dispositif permettrait de maintenir le contact avec le monde professionnel tout en réduisant les risques liés à une présence prolongée sans encadrement spécifique. Il ciblerait notamment les élèves pour lesquels trouver une structure d’accueil adaptée se révèle difficile.
Pour l’heure, aucune date de mise en œuvre n’est fixée. La ministre a indiqué vouloir mener des concertations avant d’arrêter un plan d’action. À titre de rappel, les stages de troisième sont obligatoires depuis 2005, tandis que ceux de seconde ne le sont que depuis 2024.
Les deux annonces du gouvernement dessinent une Éducation nationale en mouvement, mais prudente. Sur les horaires, Édouard Geffray assume une conviction claire sur le fond, tout en renvoyant toute réforme contraignante à l’horizon de la présidentielle 2027. Sur les stages, la mort de Calvin a obligé l’exécutif à réagir, mais les contours précis du dispositif alternatif restent entièrement à définir. Dans les deux cas, le calendrier demeure flou et les concertations, à venir. Une certitude s’impose : la rentrée 2026 ne changera rien pour les élèves du second degré.










