
C’est précisément dans ce contexte — celui d’un sommet de reconnaissance scientifique — que ses déclarations sur la survie de l’humanité prennent une résonance particulière. Gross ne parle pas depuis les marges : il s’exprime depuis le cœur de l’establishment scientifique mondial, avec une autorité rare.
C’est lors d’un entretien accordé à Live Science que le physicien a formulé son avertissement le plus direct : « Les chances que vous viviez encore 50 ans sont très faibles. » Une phrase brève, mais dont le raisonnement sous-jacent mérite d’être examiné en détail.
La fin des traités de désarmement
Depuis la fin de la Guerre froide, les grands accords de contrôle des armements nucléaires ont progressivement disparu. Le traité INF (missiles à portée intermédiaire) a été abandonné en 2019, et le traité New START, dernier accord bilatéral majeur entre États-Unis et Russie, a été suspendu en 2023. Aujourd’hui, aucun cadre contraignant ne régule les arsenaux des neuf puissances nucléaires mondiales.
Le calcul implacable derrière l’horizon 2061
Le raisonnement de David Gross repose sur un calcul probabiliste simple mais implacable. Pendant la Guerre froide, et même après, les experts estimaient le risque de guerre nucléaire à environ 1 % par an. Gross considère que ce taux a doublé depuis : il le situe désormais à 2 % par an, soit une chance sur cinquante chaque année.
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