Le résultat révèle « un kyste de 7 cm ». Le médecin a la délicatesse de faire sortir la fille de Pascal — qui vient d’avoir 18 ans — avant d’annoncer la nouvelle : « Pascal, il faut que je t’apprenne un truc. C’est une tumeur cérébrale incurable. » En quelques mots, le diagnostic d’un glioblastome tombe. Pascal entre dans une réalité médicale brutale : en France, ce cancer touche environ 3 500 personnes chaque année, avec une survie médiane d’à peine 14 mois après le diagnostic.
Hugues Duffau et la chirurgie du cerveau éveillé : opéré deux fois, deux fois sorti sur ses propres jambes
En 2016, Pascal est opéré à l’hôpital Gui de Chauliac de Montpellier par le Pr Hugues Duffau, chef du service de neurochirurgie du CHU depuis 2007 et figure mondiale de la chirurgie éveillée. Le principe : maintenir le patient conscient pendant l’intervention et lui faire réaliser des tâches simples — parler, compter — afin de s’assurer que le scalpel ne lèse pas de zones cérébrales essentielles. Une technique qui permet d’aller plus loin dans l’ablation tumorale tout en limitant les séquelles neurologiques.

Lors de cette première intervention, 90 % de la tumeur sont retirés. Mais le prix est lourd : Pascal perd l’usage de la marche et de la parole. Il lui faudra six ans de kinésithérapie et deux ans d’orthophonie pour récupérer ces fonctions, une à une, séance après séance.
En 2022, le cancer fait une flambée. Le Pr Duffau lui accorde 12 jours pour se préparer à une deuxième opération — « sinon, je partais », résume Pascal. Opéré un jeudi selon la même technique, il marche dès le samedi et quitte l’hôpital le lundi. Une récupération radicalement différente de la première fois, presque vertigineuse. « On s’embrasse, on se tutoie », dit-il aujourd’hui de ce chirurgien devenu un ami. Le Pr Duffau a opéré au total plus de 1 000 patients venus de cinq continents, une technique dont il est le pionnier à l’échelle mondiale.
Le glioblastome en France
Le glioblastome est la tumeur cérébrale maligne la plus fréquente et la plus agressive chez l’adulte. En France, il touche environ 3 500 personnes par an, majoritairement des hommes. La survie médiane après diagnostic, même avec un traitement optimal, est d’environ 14 mois — un chiffre qui n’a pas évolué de façon significative depuis l’introduction du protocole standard en 2005, combinant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie.
Les handicaps invisibles : vivre avec un trou de 7 cm dans la tête
Pascal Bliot se décrit comme un homme aux « handicaps le plus souvent invisibles ». Son côté gauche est insensible à la douleur et aux variations de température, mais paradoxalement hypersensible aux vibrations. Sa parole se grippe lorsque la fatigue s’installe. Il passe un IRM cérébral tous les trois mois pour surveiller l’évolution de la maladie. « Je vis entre chez moi et l’hôpital », résume-t-il sobrement.

Son parcours a également été marqué par un deuil brutal : en 2018, sa première épouse Marie est décédée d’un cancer foudroyant. Son prénom est tatoué sur l’avant-bras droit de Pascal. Depuis, il a retrouvé une vie de couple et s’est installé dans le Gard.
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