En 2021, cette dotation s’échelonnait entre 5 496,71 € et 6 227,73 € brut par mois, soit entre 65 960,52 € et 74 732,76 € par an selon l’échelon. Elle est versée dès la fin du mandat, sans condition d’âge, et reste identique quel que soit le nombre de mandats exercés ou leur durée.
En cas de décès de l’ancien président, son conjoint survivant perçoit 50 % de cette somme sous forme de pension de réversion. Cette disposition soulève des questions juridiques quant à son application si une femme accédait à la présidence.
Véhicule, cabinet, locaux: les avantages matériels pris en charge par l’État
Au-delà de la dotation financière, les anciens présidents disposent d’un ensemble d’avantages matériels financés par l’État. Ils bénéficient d’un véhicule avec chauffeur, d’un cabinet de sept membres et de deux agents de service, un effectif réduit après cinq ans.
Des locaux meublés et équipés leur sont également mis à disposition, avec prise en charge des frais de fonctionnement et de représentation. Ces avantages s’ajoutent à la dotation mensuelle et s’appliquent à tous les anciens chefs d’État encore en vie, comme Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Les anciens présidents peuvent par ailleurs cumuler cette dotation avec d’autres pensions liées à des fonctions publiques ou privées exercées avant ou après leur présidence, comme un mandat de député ou d’élu local.
Une loi vieille de plus de 70 ans
Le statut financier des anciens présidents de la République repose sur la loi du 3 avril 1955, adoptée sous la IVe République et jamais profondément réformée depuis. Depuis l’instauration de la Ve République, huit présidents se sont succédé à l’Élysée; ceux encore en vie continuent de percevoir cette dotation dans le cadre juridique d’origine.
Un amendement sénatorial en 2025 et le renoncement de Macron
Le cadre juridique de 1955 n’est pas resté à l’abri des contestations. En 2025, un amendement voté au Sénat visait à supprimer certains de ces avantages, au motif qu’il n’y aurait aucune raison de les maintenir pour des citoyens ne servant plus la République. Ce texte a relancé les discussions sur la nécessité d’une réforme législative.
Emmanuel Macron avait de son côté marqué une rupture symbolique en renonçant à la dotation prévue par la loi de 1955 ainsi qu’à son droit de siéger au Conseil constitutionnel. Ce geste reste toutefois sans portée juridique directe: la suppression définitive de ces droits nécessiterait une modification constitutionnelle.
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