📌 Franco-algérienne, musulmane et voilée : pourquoi elle soutient Marine Le Pen et dénonce « les profiteurs de son pays d’origine »
Posted 3 février 2026 by: Admin

Portrait D’une Électrice Qui Bouscule Les Clichés Politiques
Faïza porte le voile, pratique l’islam et vote Marine Le Pen. Ce paradoxe apparent, la cinquantenaire d’origine algérienne l’assume pleinement, mais pas au grand jour. Pour son entretien accordé au Nouvel Obs en 2012, elle a exigé un rendez-vous à sept stations de métro de sa cité HLM de l’est parisien. Impossible de parler politique dans son quartier, où l’on ne peut pas dire « qu’on aime Marine Le Pen », confie-t-elle.
Son soutien à la présidente du Rassemblement national intervient alors que l’avenir politique de cette dernière reste incertain. Depuis plusieurs semaines, Marine Le Pen comparaît devant la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens. La justice avait identifié un système de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016. Condamnée en première instance à 100 000 euros d’amende, quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, et surtout cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, la tante de Marion Maréchal-Le Pen voit sa candidature à la présidentielle de 2027 menacée.
Pourtant, des électeurs comme Faïza ne désespèrent pas. Cette Française naturalisée dans les années 2010, dont les parents sont repartis vivre en Algérie en 1966, ne se sent nullement visée par le programme du RN. Elle y voit même une protection contre ceux qu’elle nomme « les profiteurs ».

Un Discours Sans Filtre Contre « Les Profiteurs »
Faïza opère une distinction radicale entre les immigrés de sa génération et les nouveaux arrivants. « Elle renverra tous les profiteurs dans leur pays », affirme-t-elle sans détour en évoquant Marine Le Pen. Pour la cinquantenaire, la candidate du RN « jugera au cas par cas », une nuance qui la rassure pleinement. Cette vision d’une immigration à deux vitesses irrigue tout son discours.
Son soutien au Rassemblement national provoque une véritable omerta dans son entourage. « Plein de gens qui ne sont pas de souche ont peur, ils flippent d’être renvoyés. À eux, on ne peut pas dire qu’on aime Marine Le Pen », regrette-t-elle. Cette impossibilité d’assumer publiquement ses convictions révèle les fractures profondes qui traversent les communautés immigrées françaises.
Faïza incarne une ligne de rupture inattendue : celle d’immigrés installés de longue date qui se sentent menacés par les nouveaux venus. Son discours rompt avec l’image d’une communauté unie face au programme du RN. Au contraire, elle revendique une légitimité d’ancienneté qui justifierait un traitement différencié. Cette fracture interne, rarement exposée dans l’espace public, éclaire d’un jour nouveau les tensions qui agitent certains quartiers populaires. Pour Faïza, le danger ne vient pas de Marine Le Pen, mais de ceux qu’elle accuse de profiter du système sans s’intégrer.

Islam Radical Et Fermeture Des Frontières : Ses Combats
Pour Faïza, la menace qui pèse sur la France ne vient pas du programme du RN. « Le pays est menacé par l’islam radical », martèle-t-elle. Cette femme voilée, dont les parents ont quitté l’Hexagone pour l’Algérie en 1966, dénonce avec virulence les dérives qu’elle observe dans son propre quartier. Elle s’oppose fermement aux prières de rue, qu’elle considère comme une provocation incompatible avec la vie républicaine.
Née en France, elle a demandé ses papiers français dans les années 2010, après des décennies passées sur le territoire national. Cette démarche tardive n’a fait que renforcer son sentiment d’appartenance à la nation. « Quand je marche dans mon quartier, je sens les arrivages d’immigrés, je les entends parler arabe », confie-t-elle au Nouvel Obs. Son discours révèle une angoisse du déclassement : celle d’une immigrée de longue date qui voit son statut fragilisé par l’arrivée de nouveaux venus.
« Ils arrivent et on leur donne tout, un logement et des aides, je ne suis pas d’accord », poursuit-elle. Faïza revendique une priorité absolue pour sa génération et ses enfants nés en France. « Il faut s’occuper d’eux d’abord », insiste-t-elle. Sa vision repose sur une hiérarchie stricte : les Français de souche, puis les immigrés assimilés comme elle, et enfin les nouveaux arrivants qu’elle accuse de profiter sans s’intégrer. Cette grille de lecture nourrit sa conviction que seule la fermeture des frontières préservera l’équilibre précaire qu’elle défend.

L’Assimilation Comme Ligne De Fracture
Cette hiérarchie implacable structure toute la vision de Faïza. Elle ne se contente pas de critiquer l’accueil des nouveaux arrivants : elle dénonce un système qui, selon elle, favorise les derniers venus au détriment des « anciens » comme elle. « Nous, on se plaint parce qu’ils ne nous ressemblent pas. Je suis française. Mes enfants sont nés en France. Il faut s’occuper d’eux d’abord », revendique-t-elle. Cette priorité nationale qu’elle réclame dessine une France à plusieurs vitesses, où l’antériorité de l’immigration vaudrait droit d’accès aux ressources publiques.
Son argumentaire prend une tournure inattendue lorsqu’elle évoque le racisme pratiqué dans son pays d’origine. « Je leur rappelle que nous, en Algérie, on est racistes envers les Noirs et les Chinois par exemple. On ne supporterait pas qu’ils profitent de notre pays. Pourtant, on ne voit pas le problème à venir en France, il faut pas charrier », assène-t-elle. Cette logique de réciprocité justifie à ses yeux une politique migratoire restrictive : si l’Algérie rejette les étrangers, pourquoi la France devrait-elle se montrer plus accueillante ?
Faïza établit une dernière distinction, celle qui sépare les communautés selon leur rapport au travail. « Les Indiens et les Chinois, ils bossent, mais les gens de chez nous, ils nous font honte », lâche-t-elle avec amertume. Cette phrase révèle l’essentiel de sa démarche : rompre avec une communauté qu’elle juge défaillante pour rejoindre le camp de ceux qui incarnent l’ordre et le mérite.










