Faïza porte le voile, pratique l’islam et vote Marine Le…

Portrait D’une Électrice Qui Bouscule Les Clichés Politiques
Faïza porte le voile, pratique l’islam et vote Marine Le Pen. Ce paradoxe apparent, la cinquantenaire d’origine algérienne l’assume pleinement, mais pas au grand jour. Pour son entretien accordé au Nouvel Obs en 2012, elle a exigé un rendez-vous à sept stations de métro de sa cité HLM de l’est parisien. Impossible de parler politique dans son quartier, où l’on ne peut pas dire « qu’on aime Marine Le Pen », confie-t-elle.
Son soutien à la présidente du Rassemblement national intervient alors que l’avenir politique de cette dernière reste incertain. Depuis plusieurs semaines, Marine Le Pen comparaît devant la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens. La justice avait identifié un système de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016. Condamnée en première instance à 100 000 euros d’amende, quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, et surtout cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, la tante de Marion Maréchal-Le Pen voit sa candidature à la présidentielle de 2027 menacée.
Pourtant, des électeurs comme Faïza ne désespèrent pas. Cette Française naturalisée dans les années 2010, dont les parents sont repartis vivre en Algérie en 1966, ne se sent nullement visée par le programme du RN. Elle y voit même une protection contre ceux qu’elle nomme « les profiteurs ».

Un Discours Sans Filtre Contre « Les Profiteurs »
Faïza opère une distinction radicale entre les immigrés de sa génération et les nouveaux arrivants. « Elle renverra tous les profiteurs dans leur pays », affirme-t-elle sans détour en évoquant Marine Le Pen. Pour la cinquantenaire, la candidate du RN « jugera au cas par cas », une nuance qui la rassure pleinement. Cette vision d’une immigration à deux vitesses irrigue tout son discours.
Son soutien au Rassemblement national provoque une véritable omerta dans son entourage. « Plein de gens qui ne sont pas de souche ont peur, ils flippent d’être renvoyés. À eux, on ne peut pas dire qu’on aime Marine Le Pen », regrette-t-elle. Cette impossibilité d’assumer publiquement ses convictions révèle les fractures profondes qui traversent les communautés immigrées françaises.
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