
L’Assimilation Comme Ligne De Fracture
Cette hiérarchie implacable structure toute la vision de Faïza. Elle ne se contente pas de critiquer l’accueil des nouveaux arrivants : elle dénonce un système qui, selon elle, favorise les derniers venus au détriment des « anciens » comme elle. « Nous, on se plaint parce qu’ils ne nous ressemblent pas. Je suis française. Mes enfants sont nés en France. Il faut s’occuper d’eux d’abord », revendique-t-elle. Cette priorité nationale qu’elle réclame dessine une France à plusieurs vitesses, où l’antériorité de l’immigration vaudrait droit d’accès aux ressources publiques.
Son argumentaire prend une tournure inattendue lorsqu’elle évoque le racisme pratiqué dans son pays d’origine. « Je leur rappelle que nous, en Algérie, on est racistes envers les Noirs et les Chinois par exemple. On ne supporterait pas qu’ils profitent de notre pays. Pourtant, on ne voit pas le problème à venir en France, il faut pas charrier », assène-t-elle. Cette logique de réciprocité justifie à ses yeux une politique migratoire restrictive : si l’Algérie rejette les étrangers, pourquoi la France devrait-elle se montrer plus accueillante ?
Faïza établit une dernière distinction, celle qui sépare les communautés selon leur rapport au travail. « Les Indiens et les Chinois, ils bossent, mais les gens de chez nous, ils nous font honte », lâche-t-elle avec amertume. Cette phrase révèle l’essentiel de sa démarche : rompre avec une communauté qu’elle juge défaillante pour rejoindre le camp de ceux qui incarnent l’ordre et le mérite.

