En mars dernier, Stéphanie avait accordé un témoignage au média Ici pour décrire « l’attente insoutenable » qui rythmait leur quotidien depuis plus d’un an. Gabriel venait tout juste de fêter son deuxième anniversaire quand il s’est éteint, samedi, sans jamais avoir reçu le cœur qui aurait pu le sauver.
La cardiopathie dilatée, qu’est-ce que c’est ?
La cardiomyopathie dilatée est une maladie dans laquelle le muscle cardiaque s’affaiblit progressivement et se distend, rendant le cœur incapable d’assurer une circulation sanguine efficace. Elle peut se déclarer dès les premières semaines de vie. Chez les enfants les plus sévèrement atteints, la transplantation cardiaque représente la seule option thérapeutique disponible.
Les greffons pédiatriques, une rareté méconnue
Si trouver un donneur compatible est déjà une épreuve pour tout patient en attente de greffe, la situation est encore plus critique pour les enfants. Un cœur d’enfant ne peut provenir que d’un donneur de taille et d’âge comparables, ce qui réduit drastiquement le nombre de greffons disponibles pour les plus jeunes.

Le Dr Charles de Marceluss, réanimateur et pédiatre à l’hôpital Necker, a rappelé l’enjeu avec clarté : « Un donneur décédé peut sauver jusqu’à cinq vies. » Une réalité médicale qui rend chaque refus de don d’autant plus lourd de conséquences lorsqu’il s’agit de patients aussi vulnérables que les nourrissons ou les jeunes enfants.
La famille de Gabriel avait précisément fait de ce message leur combat : alerter l’opinion sur une pénurie silencieuse, qui emporte dans l’ombre des vies à peine commencées.
966 morts en 2025 : la France face à ses contradictions
Les chiffres publiés par l’Agence de la biomédecine dressent un tableau contrasté. D’un côté, la France a atteint en 2025 un record historique de 6 148 greffes réalisées — un seuil jamais franchi auparavant. De l’autre, 23 294 malades se trouvaient encore en liste d’attente au 1er janvier 2026, et 966 d’entre eux sont décédés en 2025 sans jamais avoir pu être greffés.

Ce paradoxe s’explique en partie par une hausse continue du taux d’opposition au don, qui atteint désormais 37,1 % en 2025, contre 36,4 % l’année précédente. Plus d’un tiers des familles consultées refusent donc le prélèvement sur leur proche décédé.
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