
L’Offensive Du Service Public Contre CNews
La tension monte d’un cran dans le paysage audiovisuel français. Le 18 septembre 2025, Delphine Ernotte franchit une ligne rarement traversée par les dirigeants du service public. Dans les colonnes du Monde, la présidente de France Télévisions lâche une déclaration qui fait l’effet d’une bombe : « Il faut admettre que CNews est un média d’opinion. Qu’ils assument d’être une chaîne d’extrême droite ! »
Cette sortie sans précédent ouvre la voie à une escalade verbale. Quelques jours plus tard, Eric Dupond-Moretti enfonce le clou sur RTL. L’ancien Garde des Sceaux ne mâche pas ses mots : « CNews est une chaîne de désinformation continue et d’évangélisation ». Mais c’est sa charge suivante qui provoque l’onde de choc : « Il fait appel aux quatre ou cinq fachos qui sont autour de lui. Et qui sont grassement payés pour confirmer ses propos », assène-t-il sans détour.
Ces attaques coordonnées marquent un tournant inédit. Jamais les plus hautes instances du service public n’avaient affiché une telle virulence contre un concurrent privé. L’utilisation du terme « fachos » par un ex-ministre sonne comme une déclaration de guerre ouverte, préparant le terrain à des ripostes qui ne vont pas tarder.

Gérard Carreyrou Sort De Ses Gonds
La riposte ne se fait pas attendre. Six jours après les propos incendiaires de l’ancien ministre, Gérard Carreyrou monte au créneau sur Europe 1. L’ex-directeur de la rédaction de TF1, habituel chroniqueur de Pascal Praud, affiche une colère froide qui traduit l’ampleur du malaise provoqué par les accusations de Dupond-Moretti.
« Il nous a insultés tous collectivement en nous traitant de fachos », lâche-t-il d’entrée, la voix tremblante d’indignation. Pour Carreyrou, ces mots résonnent comme un camouflet personnel qui entache des décennies d’engagement politique. L’homme de 70 ans sort alors l’artillerie lourde pour défendre son honneur bafoué.
« J’ai passé la moitié de ma vie, c’est-à-dire plus de 40 ans à gauche », martèle-t-il au micro d’Europe 1. Et de dérouler son pedigree progressiste avec la précision d’un homme qui refuse de voir son passé sali : « J’ai été membre d’un seul parti dans ma vie, c’était le Parti Socialiste Unifié de Michel Rocard. J’étais de ceux qui étaient contre l’OAS pendant la guerre d’Algérie. J’étais à la Sorbonne, je faisais des gardes de nuit pour éviter les bombes de l’OAS ».
Cette défense acharnée révèle la blessure profonde infligée par l’ex-Garde des Sceaux. Mais Carreyrou ne compte pas en rester là.

L’Attaque Personnelle Contre Dupond-Moretti
Loin de s’arrêter à cette défense, Carreyrou passe à l’offensive avec une virulence qui surprend. L’ex-directeur de TF1 vide son sac contre celui qu’il présente désormais comme un adversaire personnel. « Ça me fait rigoler de la part d’un homme comme Dupond-Moretti. Je l’ai connu avant avant qu’il devienne obsessif », attaque-t-il sans ménagement.
Le chroniqueur de Pascal Praud développe alors une analyse psychologique impitoyable de l’ancien ministre. « Il y a eu une sorte d’obsession chez lui qui l’a pris à la gorge : c’est d’être l’homme de Macron contre le Front National », assène-t-il au micro d’Europe 1. Une accusation lourde qui dépeint Dupond-Moretti comme un homme dévoré par ses ambitions politiques.
Carreyrou enfonce le clou en dressant le bilan d’échec de cette stratégie supposée : « le vecteur qui allait permettre à Macron d’éviter que le Front National monte ». Une mission ratée selon lui, qui aurait transformé l’avocat en homme amer.


