
L’enfant, décrit comme «pâle et manifestement dénutri», est immédiatement pris en charge et hospitalisé. Sa dernière douche remontait à la fin de l’année 2024. Il se nourrissait de repas froids apportés par son père deux fois par jour et utilisait des bouteilles vides pour satisfaire ses besoins biologiques.
Le véhicule utilitaire stationnait depuis de longs mois au même endroit, sans que quiconque — dans le voisinage ou parmi les services de l’État — n’ait déclenché d’alerte. L’enfant était, en tous points, invisible.
« Mon père n’avait pas le choix » : dix-huit mois de calvaire racontés par l’enfant
Lors de ses auditions, l’enfant a décrit avec une précision troublante sa vie quotidienne dans le véhicule. Les cahots de la route lui causaient des blessures : «il lui arrivait de se cogner quand le véhicule roulait». Une brève accalmie s’était produite à l’été 2025, quand son père l’avait autorisé à séjourner deux semaines dans l’appartement familial, muni d’un téléphone pour signaler le moment de son retour à la camionnette.

Le garçon tient un discours révélateur sur les responsabilités. Sa belle-mère, il la qualifie de «pire ennemie» et de «méchante», affirmant que c’était elle qui exigeait son internement psychiatrique. Sur son père, il déclare : «Vu que mon père ne voulait pas que j’aille à l’hôpital, il a dû me mettre dans la camionnette, il n’avait pas le choix.»
Ce discours, qui reflète une défense inconditionnelle de son père malgré les conditions de vie subies, est caractéristique de mécanismes de survie psychologiques bien documentés par les spécialistes. Pour endurer un environnement hostile, un enfant peut être amené à minimiser la violence ou à la justifier — une réaction qui complique par la suite le travail thérapeutique de reconstruction.
Le père, âgé de 43 ans, a reconnu les faits lors de sa garde à vue. Il affirme avoir décidé de confiner son fils à partir de novembre 2024 pour le soustraire à la volonté de sa compagne, qui demandait selon lui un placement en hôpital psychiatrique.
Père en détention provisoire, belle-mère mise en examen : la réponse judiciaire
Le 13 avril 2026, le parquet de Mulhouse annonce le placement en détention provisoire du père pour une durée d’un an. Il est mis en examen pour séquestration de mineur de 15 ans assortie de privations habituelles, une qualification criminelle qui l’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

La compagne du père a quant à elle été mise en examen pour non-assistance à personne en danger. Elle a été laissée en liberté. Ce délit, de nature correctionnelle, est passible de 7 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
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