On imagine les Ham Sui Gok comme une spécialité réservée aux chefs de dim sum qui ont passé des années à perfectionner leur geste. La réalité est beaucoup moins intimidante : c’est une pâte à pétrir, une farce à poêler, et une friture à surveiller. Rien que vous n’ayez déjà fait.

Ingrédients :
- Farine de riz gluant — C’est elle qui donne l’élasticité caractéristique de la pâte — ce côté mâché, légèrement collant sous la dent. Choisissez une marque asiatique (Erawan, Three Elephants) : les farines « sans gluten » du commerce occidental absorbent l’eau différemment et donnent un résultat farineux et cassant. Ne la remplacez surtout pas par de la farine de riz ordinaire, ce n’est pas du tout le même produit.
- Amidon de blé — Mélangé à de l’eau vraiment bouillante, il gélatinise et forme une masse blanche semi-transparente qui donne à la pâte finale sa translucidité nacrée après friture. Sans lui, la pâte reste opaque et perd une partie de son élasticité. On le trouve en épicerie asiatique au rayon farines, souvent à côté de la fécule de tapioca.
- Champignons shiitake séchés — Leur saveur est trois fois plus concentrée que celle des champignons frais. Faites-les tremper dans l’eau froide toute une nuit plutôt qu’à l’eau chaude : ils restent plus fermes et gardent une texture légèrement croquante dans la farce. Gardez impérativement l’eau de trempage — elle sent fort l’umami et remplace avantageusement tout bouillon dans la recette.
- Crevettes séchées — Elles n’apportent pas un goût de crevette direct mais un fond umami marin qui amplifie toute la farce sans qu’on puisse l’identifier clairement. Choisissez des crevettes de taille moyenne, orange vif — évitez celles qui sont grises ou qui sentent le rance. Un rinçage rapide à l’eau froide suffit, pas besoin de longue réhydratation.


