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16 août 2026
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Hantavirus à Marseille : l’IHU sous tension, les soignants en alerte

L’Agence sanitaire de l’Union européenne (ECDC) a indiqué qu’aucun signe de mutation de la souche circulante n’a été détecté à ce stade. L’OMS juge le risque de propagation à grande échelle comme faible. La ministre de la Santé a écarté toute « circulation diffuse » du virus sur le territoire français, tout en maintenant un niveau de vigilance élevé pour l’ensemble des cas contacts identifiés.

30 à 60 %
C’est le taux de mortalité estimé du virus des Andes selon l’Institut Pasteur — faisant de cette souche l’une des plus létales parmi les 38 hantavirus connus, et la seule à transmission interhumaine documentée.

Les soignants tirent la sonnette d’alarme : l’hôpital public « rongé à l’os »

Kévin Bardy, délégué Sud Santé à l’IHU, est sans ambiguïté : « La capacité de l’IHU est limitée. Nous ne pourrons pas confiner tous les cas suspects si le nombre venait à augmenter. » Il pointe l’inégalité de préparation entre établissements : « A-t-on vraiment les moyens d’isoler tous les cas contacts ? Tous les établissements sont-ils équipés ? La réponse est non. » Il réclame qu’une organisation pérenne soit mise en place avec l’AP-HM avant que la situation n’évolue.

Les soignants tirent la sonnette d'alarme : l'hôpital public « rongé à l'os »
Image d’illustration © TOPTENPLAY

À l’AP-HM, le délégué syndical FO Nicolas Sousse partage cette inquiétude. « Nous avons déjà du mal à faire face aux crises saisonnières comme la grippe. Comment pourra-t-on affronter ce virus ? Nous n’avons pas tiré toutes les leçons de la pandémie de Covid-19 », affirme-t-il. Pour lui, la capacité réactionnelle de l’hôpital public « ne tient que sur un fil : la volonté des soignants au détriment de leurs conditions de travail ».

Kader Benayed, secrétaire adjoint de Sud Santé 13, réclame davantage de transparence et d’anticipation de la part des autorités. « Si on ne parle pas avec transparence, on crée une défiance et un affolement. Pour l’instant, les syndicats ne sont pas informés ni associés à la gestion de crise. Ça donne l’impression qu’ils jouent la montre. Sauf que l’hôpital public est rongé à l’os. On n’a plus d’endurance, la moindre épidémie nous met en saturation. »

Les résultats des tests des trois patients hospitalisés à l’IHU Marseille sont attendus dans les prochaines heures. Si aucun ne présente de symptôme à ce stade, leur situation illustre la difficulté de gérer des chaînes de transmission longues dans un système hospitalier aux ressources tendues. Au-delà de la question virologique — un virus sans traitement, potentiellement mortel dans 30 à 60 % des cas —, c’est la résilience de l’hôpital public français qui est mise à l’épreuve. Les syndicats le répètent : face à une épidémie nouvelle, la volonté des soignants ne saurait tenir lieu de plan de crise.

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