Face à la gravité de la situation, l’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont dépêché des experts à bord afin d’assurer le suivi épidémiologique et d’accompagner les passagers. Le MV Hondius doit accoster à Ténériffe le 10 mai, où les autorités espagnoles se préparent à prendre en charge la situation.
L’OMS a qualifié l’incident de « sérieux », justifiant la mobilisation internationale, tout en soulignant que les cas recensés sont directement liés à un voyage précis et à des contacts clairement identifiables.
Le virus des Andes : une létalité redoutable, une contagiosité limitée
Le virus des Andes appartient à la famille des hantavirus et présente une particularité unique dans ce groupe : c’est le seul hantavirus connu pour se transmettre d’homme à homme. Pour autant, cette transmission interhumaine exige des contacts étroits et prolongés — généralement en milieu intérieur — et ne se produit pas avant l’apparition de la fièvre, laissant une fenêtre d’action pour isoler les personnes exposées.

La maladie qu’il provoque, le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, est particulièrement grave. Sa létalité est estimée entre 30 et 60 % selon les sources scientifiques, en l’absence de tout traitement spécifique ou de vaccin disponible. La période d’incubation varie de une à six semaines, avec une moyenne de deux semaines.
Le mode de contamination principal reste la transmission par les rongeurs sauvages : l’humain s’infecte en inhalant des poussières contaminées par l’urine ou les excréments de rongeurs porteurs du virus, présents dans les zones rurales d’Argentine, du Chili et de Patagonie.
Le foyer de 2018 dans un village d’Argentine illustre ce potentiel dévastateur : après une fête en intérieur, 33 cas avaient été recensés et 11 personnes étaient décédées. Un taux de mortalité d’environ 33 %, soit près de quatre-vingts fois supérieur à celui du Covid-19 en population générale.
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Les hantavirus forment une famille de virus transmis principalement par les rongeurs sauvages, connus depuis les années 1950 mais caractérisés scientifiquement dans les années 1990. Ils provoquent deux types de maladies graves : des fièvres hémorragiques avec atteinte rénale, plus fréquentes en Europe et en Asie, et le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, présent surtout en Amérique. Le virus des Andes, isolé pour la première fois en 1995 en Patagonie, est le seul de la famille à démontrer une transmission interhumaine confirmée.
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