Sur le plan clinique, le virus Andes provoque un syndrome pulmonaire à hantavirus : après quelques jours de fièvre et de courbatures, l’état respiratoire peut se dégrader brutalement, conduisant à une détresse respiratoire sévère et un choc cardio-vasculaire. Il n’existe aujourd’hui ni traitement antiviral spécifique, ni vaccin disponible en Europe. La prise en charge reste symptomatique et repose sur la réanimation en milieu hospitalier.
En France, un virus bien présent mais sous contrôle : ce que dit la surveillance épidémiologique
Si l’affaire du MV Hondius concerne une souche exotique, la France n’est pas épargnée par le hantavirus. Le pays enregistre chaque année entre 100 et 300 cas d’infection, liés presque exclusivement au virus Puumala. Cette souche circule chez le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus) et sévit principalement dans le quart Nord-Est du territoire : Ardennes, Lorraine, Franche-Comté, Alsace et Bourgogne.

Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des hantavirus, rattaché à l’Institut Pasteur de Paris, a comptabilisé 19 cas confirmés, un chiffre dans la moyenne habituelle pour cette période de l’année. Les pics de cas sont généralement liés aux cycles naturels de reproduction des rongeurs, qui varient selon les années.
La bonne nouvelle : le virus Puumala est bien moins meurtrier que le virus Andes. Son taux de létalité est estimé à environ 0,4 % en Europe. Il provoque essentiellement des formes rénales modérées — fièvre, douleurs lombaires, atteinte transitoire des reins —, rarement fatales lorsqu’elles sont prises en charge rapidement. La transmission interhumaine n’a jamais été documentée pour cette souche sur le territoire français.
Comment se protéger efficacement : les gestes qui font la différence
La quasi-totalité des contaminations survient par inhalation de poussières souillées par les excréments, urines ou salive séchée de rongeurs. Le scénario le plus fréquent : nettoyer un cabanon, une grange ou une résidence secondaire longtemps restée fermée, sans précaution particulière. Un simple balayage à sec peut suffire à mettre le virus en suspension dans l’air.

La règle d’or est d’humidifier systématiquement les surfaces avant tout nettoyage dans un espace susceptible d’avoir abrité des rongeurs. Le port d’un masque FFP2 et de gants est indispensable dans ces situations. Il faut absolument éviter de balayer à sec les poussières ou de manipuler les nids et cadavres de rongeurs à mains nues.
Les activités agricoles et forestières en zones à risque — sous-bois, champs de céréales, prairies — exposent davantage au contact indirect avec des rongeurs porteurs du virus. Les randonneurs doivent éviter de consommer des aliments stockés dans un abri de plein air et se laver soigneusement les mains avant de manger.
En cas de forte fièvre survenant dans les six semaines suivant une exposition potentielle à des rongeurs ou à leurs déjections, une consultation médicale rapide est impérative. Mentionner explicitement au médecin le contexte d’exposition permet un diagnostic ciblé et une prise en charge adaptée. L’absence de symptômes dans les premiers jours ne suffit pas à exclure une infection : la période d’incubation peut aller jusqu’à six semaines.

