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4 juillet 2026
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Hawaï : un touriste poursuivi pour avoir visé un phoque protégé

Un touriste de l’État de Washington fait l’objet de poursuites fédérales après avoir été filmé, le 5 mai 2026, lançant une pierre vers un phoque moine hawaïen au large de Lahaina, à Maui. L’affaire, devenue virale, a déclenché une forte indignation locale et relancé les rappels sur la protection stricte de cette espèce menacée. Le suspect, inculpé par plainte pénale, est présumé innocent à ce stade.

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En bref

  • Incident filmé le 5 mai à Lahaina.
  • Un suspect de 38 ans inculpé.
  • Jusqu’à 70 000 dollars d’amendes possibles.

La scène filmée à Lahaina

Les faits se seraient produits le 5 mai 2026, sur le littoral de Lahaina, à Maui. Selon la plainte fédérale citée par le ministère américain de la Justice, Igor Mykhaylovych Lytvynchuk, 38 ans, aurait suivi les mouvements d’un phoque moine hawaïen nageant près du rivage avant de ramasser une grosse pierre.

La scène filmée à Lahaina
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La scène a été filmée par des témoins. D’après les procureurs, l’homme aurait visé la tête de l’animal et la pierre aurait manqué de peu son museau, provoquant une réaction brusque du phoque. Associated Press précise qu’un témoin a décrit la pierre comme ayant la taille d’une noix de coco.

Dans la vidéo rapportée par la source initiale, une femme interpelle l’homme et lui demande pourquoi il jette une pierre vers l’animal. Selon la plainte fédérale, lorsqu’un témoin lui a indiqué que les autorités avaient été appelées, il aurait répondu être « assez riche pour payer les amendes ».

De l’indignation locale aux poursuites fédérales

Le lendemain de l’incident, le Department of Land and Natural Resources d’Hawaï a indiqué que sa Division of Conservation and Resources Enforcement avait été alertée par la police de Maui. Un agent a contacté le signalant, puis a identifié et retenu un homme de 37 ans présenté alors comme venant de Seattle. L’homme a refusé de faire une déclaration et demandé l’assistance d’un avocat.

De l’indignation locale aux poursuites fédérales
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le dossier a ensuite été transmis à la NOAA, l’agence fédérale chargée notamment de la protection des espèces marines. Le 13 mai, le ministère américain de la Justice a annoncé qu’Igor Mykhaylovych Lytvynchuk, 38 ans, de Covington dans l’État de Washington, avait été inculpé par plainte pénale la veille et arrêté près de Seattle par des agents spéciaux de la NOAA.

L’affaire a aussi pris une dimension politique locale. Le maire de Maui, Richard Bissen, a dénoncé un comportement incompatible avec l’accueil réservé aux visiteurs respectueux. Dans une déclaration relayée localement, il a affirmé que la faune et l’environnement de Maui devaient être traités avec « soin et aloha ».

Selon Hawaii News Now, le suspect a comparu le 14 mai devant un tribunal fédéral à Seattle. Un juge a ordonné sa libération sous engagement personnel dans l’attente d’une comparution à Honolulu le 27 mai, avec remise de son passeport.

Pour comprendre

À Hawaï, les rencontres avec la faune marine sont fréquentes, mais elles sont strictement encadrées. Les phoques moines, les tortues, les dauphins et les baleines sont des animaux sauvages protégés : s’en approcher, les poursuivre ou les perturber peut entraîner des sanctions.

Ce que risque le suspect

Igor Mykhaylovych Lytvynchuk est poursuivi pour harcèlement et tentative de harcèlement d’un phoque moine hawaïen protégé. Les charges visent des violations de l’Endangered Species Act et du Marine Mammal Protection Act, deux textes fédéraux encadrant la protection des espèces menacées et des mammifères marins.

Ce que risque le suspect
Image d’illustration © TOPTENPLAY

En cas de condamnation, il risque jusqu’à un an de prison pour chaque chef. Les autorités fédérales évoquent aussi une amende pouvant atteindre 50 000 dollars au titre de l’Endangered Species Act et 20 000 dollars au titre du Marine Mammal Protection Act, soit jusqu’à 70 000 dollars au total.

La plainte pénale reste une accusation. Le ministère américain de la Justice rappelle que le mis en cause est présumé innocent tant qu’il n’a pas été reconnu coupable par un tribunal.

Son avocat à Hawaï, Myles Breiner, a livré une autre lecture des faits à Hawaii News Now. Selon lui, son client aurait voulu éloigner le phoque de deux tortues et n’aurait pas connu l’importance des phoques moines à Hawaï. L’avocat a également affirmé que son client était désolé et qu’il n’était pas un homme fortuné, contrairement à ce que la phrase rapportée par les témoins pouvait laisser entendre.

Un animal protégé, symbole de tensions touristiques

Le phoque moine hawaïen est une espèce endémique des îles Hawaï et de l’atoll Johnston : il ne vit nulle part ailleurs à l’état naturel. La NOAA estime sa population à environ 1 600 individus, dont près de 400 dans les principales îles hawaïennes.

Un animal protégé, symbole de tensions touristiques
Image d’illustration © TOPTENPLAY

L’espèce est protégée par le droit fédéral américain et par la loi de l’État d’Hawaï. La NOAA recommande de rester à au moins 15 mètres des phoques moines, sur terre comme dans l’eau, et à environ 45 mètres des mères avec leurs petits. Il est aussi conseillé de rester derrière les barrières, de tenir les chiens en laisse et d’utiliser le zoom d’un appareil photo plutôt que de s’approcher.

Le phoque visé a d’abord été présenté par le ministère américain de la Justice et par le maire de Maui comme Lani, un animal connu des habitants de Lahaina. Mais Associated Press rapporte que le Department of Land and Natural Resources a ensuite indiqué qu’il ne s’agissait probablement pas de Lani, faute de certaines marques d’identification.

Cette incertitude n’enlève rien au cœur de l’affaire : les autorités considèrent que le comportement filmé relève d’une atteinte potentielle à un animal protégé. À Maui, où Lahaina a été durement touchée par les incendies de 2023, la présence d’un phoque familier sur le rivage avait aussi pris une portée symbolique pour une partie des habitants.

1 600
C’est l’estimation de la population mondiale actuelle de phoques moines hawaïens selon la NOAA.

L’affaire doit désormais se poursuivre devant la justice fédérale, avec une comparution prévue à Honolulu le 27 mai. Au-delà de la vidéo virale et de l’indignation qu’elle a provoquée, le dossier rappelle une règle simple pour les visiteurs comme pour les habitants : observer la faune sauvage à distance n’est pas une recommandation de confort, mais une obligation de protection.

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