Suivez-nous
9 septembre 2026
Derniers articles

Ils abattent la haie de leurs voisins à la tronçonneuse : condamnés à payer 288 000 €

Une haie de dix mètres au cœur d'une guerre de voisinage

En face, la fratrie Bowler — trois frères et sœurs — vit depuis des années sous ce qu’ils décrivent comme une ombre permanente. Ces cyprès, qui atteignent dix mètres de hauteur, bloquent la lumière et plongent leur jardin dans l’obscurité une grande partie de la journée. Un grief qui, à force de s’accumuler, va conduire à une décision radicale.

Le droit de propriété face aux conflits de voisinage

En droit britannique comme en droit français, abattre un arbre ou une haie appartenant à autrui constitue une destruction de bien d’autrui, susceptible d’engager la responsabilité civile de son auteur. Lorsque la limite entre deux propriétés est floue, c’est au tribunal de trancher — souvent sur la base des témoignages et des preuves documentaires disponibles. Les conflits de voisinage liés aux arbres et haies sont parmi les litiges les plus fréquents dans les pays d’Europe du Nord, et les frais de justice peuvent rapidement dépasser la valeur du litige initial.

2022 : la tronçonneuse comme seule réponse

En 2022, las d’attendre une solution amiable, les trois frères et sœurs Bowler passent à l’acte. Ils font appel à un élagueur professionnel et font supprimer les cyprès litigieux. Les arbres tombent. La haie disparaît.

2022 : la tronçonneuse comme seule réponse

Face aux conséquences juridiques qui s’annoncent, la défense des Bowler adopte une stratégie : soutenir que les cyprès se trouvaient en réalité sur leur propre parcelle, et qu’ils n’auraient donc fait qu’abattre des arbres leur appartenant. Un argument en apparence solide, mais qui va se heurter à un problème de taille : celui de la preuve.

Un tribunal londonien tranche : des témoignages jugés « moins fiables »

L’affaire est portée devant le tribunal du comté de Central London. Le cœur du débat : déterminer à qui appartenait réellement la haie. En l’absence de documents cadastraux suffisamment précis pour établir techniquement la limite des deux terrains, le juge se retrouve dans l’obligation de trancher sur la seule base de la crédibilité des parties en présence.

Un tribunal londonien tranche : des témoignages jugés « moins fiables »

Et c’est là que la stratégie des Bowler s’effondre. Le magistrat qualifie leurs témoignages de « moins fiables et moins précis » que ceux de leurs adversaires. Le tribunal conclut que les McCarthy ont bien été victimes d’une intrusion illégale sur leur propriété et d’une destruction de biens leur appartenant.

Au-delà du préjudice matériel lié à la perte des arbres eux-mêmes, le juge prend en compte un dommage plus difficile à chiffrer mais tout aussi réel : la perte durable d’intimité subie par le couple McCarthy, désormais exposé en permanence au vis-à-vis de leurs voisins.

288 000 €
C’est le montant total de la condamnation infligée à la famille Bowler par le tribunal de Central London, incluant dommages et intérêts et frais de justice.

250 000 £ : le prix astronomique d’une décision impulsive

La condamnation prononcée contre la fratrie Bowler s’élève à 250 000 £, soit environ 288 000 €. Cette somme englobe à la fois les dommages et intérêts versés aux McCarthy et les frais de justice accumulés au fil d’une procédure longue et coûteuse.

Publicité

Articles suggérés

Partager sur Facebook