
En face, la fratrie Bowler — trois frères et sœurs — vit depuis des années sous ce qu’ils décrivent comme une ombre permanente. Ces cyprès, qui atteignent dix mètres de hauteur, bloquent la lumière et plongent leur jardin dans l’obscurité une grande partie de la journée. Un grief qui, à force de s’accumuler, va conduire à une décision radicale.
Le droit de propriété face aux conflits de voisinage
En droit britannique comme en droit français, abattre un arbre ou une haie appartenant à autrui constitue une destruction de bien d’autrui, susceptible d’engager la responsabilité civile de son auteur. Lorsque la limite entre deux propriétés est floue, c’est au tribunal de trancher — souvent sur la base des témoignages et des preuves documentaires disponibles. Les conflits de voisinage liés aux arbres et haies sont parmi les litiges les plus fréquents dans les pays d’Europe du Nord, et les frais de justice peuvent rapidement dépasser la valeur du litige initial.
2022 : la tronçonneuse comme seule réponse
En 2022, las d’attendre une solution amiable, les trois frères et sœurs Bowler passent à l’acte. Ils font appel à un élagueur professionnel et font supprimer les cyprès litigieux. Les arbres tombent. La haie disparaît.

Face aux conséquences juridiques qui s’annoncent, la défense des Bowler adopte une stratégie : soutenir que les cyprès se trouvaient en réalité sur leur propre parcelle, et qu’ils n’auraient donc fait qu’abattre des arbres leur appartenant. Un argument en apparence solide, mais qui va se heurter à un problème de taille : celui de la preuve.
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