Les avocats des victimes italiennes dénoncent ce manque de clarté et exigent des explications sur cette chronologie défaillante. Dans un dossier déjà marqué par les critiques contre la lenteur des procédures suisses, cette opacité financière ravive les soupçons autour de la gestion judiciaire de l’affaire.

Chronologie D’une Décision Jamais Appliquée
Cette disparition s’inscrit dans une série d’incohérences temporelles qui interrogent. Le 12 janvier, le Tribunal cantonal des mesures coercitives du Valais annonçait des mesures alternatives pour Jessica Moretti, évoquant « un risque de fuite » et la nécessité d’« une enquête approfondie ». La formulation laissait entendre qu’un calcul était en cours. Onze jours plus tard, Jacques Moretti sortait de prison après le versement effectif de 200 000 francs. Pour son épouse, rien. Ni montant rendu public, ni trace de paiement, ni décision formelle six semaines après l’annonce initiale.
Le contraste procédural est brutal. D’un côté, une libération rapide et documentée. De l’autre, une promesse judiciaire qui semble s’être évaporée dans les méandres administratifs. « Le montant sera déterminé ultérieurement », précisait le tribunal. Cette formule prudente masquait-elle déjà des difficultés à établir les capacités financières réelles de la cogérante ? Ou révèle-t-elle une défaillance dans le suivi des décisions judiciaires ?
Les parties civiles pointent cette gestion à deux vitesses. Pendant que Jacques Moretti retrouvait sa liberté grâce à un bienfaiteur anonyme, Jessica échappait à la détention sans que les conditions financières imposées ne soient formellement appliquées. Cette asymétrie procédurale alimente les interrogations sur la rigueur de l’instruction. Dans un dossier où 41 familles réclament des comptes, chaque retard, chaque silence nourrit la défiance.

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