Le 8 mars 2026, un supermarché de 3 000 m² a été entièrement détruit par un incendie volontaire à Hourtin, en Gironde. Dix jours plus tard, les enquêteurs identifiaient une suspecte inattendue : une fillette de 12 ans, habitante de la commune, qui a immédiatement reconnu les faits lors de son audition.
En bref
- —Un Carrefour Market entièrement détruit le 8 mars 2026
- —Une fillette de 12 ans identifiée grâce à la vidéosurveillance
- —7 millions d’euros de préjudice, 31 personnes en chômage technique
Un supermarché entièrement ravagé en une soirée
Le 8 mars 2026, vers 20h30, un violent incendie embrase le Carrefour Market d’Hourtin, commune du nord de la Gironde. Malgré la mobilisation rapide de 28 pompiers, l’intégralité de la structure, soit 3 000 m² de surface commerciale, est détruite.

Les conséquences économiques sont immédiatement lourdes : le préjudice est estimé à environ 7 millions d’euros. 31 salariés se retrouvent placés en chômage technique du jour au lendemain.
Le sinistre ne s’arrête pas aux murs du supermarché. Une fleuriste installée dans un local mitoyen est également touchée par les flammes, aggravant encore le bilan matériel de cette nuit de destruction.
L’enquête mène à une suspecte de 12 ans
Face à l’ampleur du sinistre, le parquet de Bordeaux ouvre rapidement une enquête pour « dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux ». La brigade de recherches de la gendarmerie de Lesparre-Médoc est chargée des investigations.

C’est l’analyse minutieuse des images de vidéosurveillance de la commune et du magasin qui permet de faire avancer l’affaire. Les enquêteurs identifient une jeune fille mineure, âgée de 12 ans et habitante d’Hourtin, comme principale suspecte.
Elle est interpellée le 19 mars 2026 et placée en retenue, mesure équivalente à la garde à vue pour les mineurs. Lors de son audition, elle reconnaît immédiatement les faits, selon les déclarations du procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, le 23 mars 2026.
Des aveux et un « attrait pour le feu » reconnu
L’adolescente explique aux enquêteurs le déroulement précis des faits : « Elle précise avoir mis le feu à des vêtements qu’elle avait trouvés dans les caddies du magasin », rapporte le procureur Renaud Gaudeul.

Au-delà des aveux, la jeune fille confie également avoir un « attrait pour le feu ». Une révélation qui oriente d’emblée la réponse judiciaire vers un accompagnement à la fois pénal et sanitaire.
Une expertise psychiatrique a été réalisée dans la foulée. Ses conclusions écartent toute altération du discernement au moment des faits, établissant ainsi la responsabilité pénale de la mineure, condition nécessaire à toute poursuite judiciaire.
La justice des mineurs en France
En France, le Code de la justice pénale des mineurs, entré en vigueur en 2021, encadre strictement les poursuites contre les moins de 18 ans. En dessous de 13 ans, aucune peine d’emprisonnement n’est possible, mais des mesures éducatives judiciaires peuvent être prononcées si le mineur est reconnu comme ayant agi avec discernement. Au-delà, des peines plus sévères peuvent s’appliquer selon l’âge et la gravité des faits.
Une réponse judiciaire adaptée à son âge
Déférée devant le parquet des mineurs dans le cadre d’une comparution immédiate par procès-verbal, la fillette a comparu devant le juge des enfants. Comme le rappelle le procureur, les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent légalement pas faire l’objet d’une peine d’emprisonnement.

En revanche, ils peuvent être soumis à des mesures éducatives judiciaires, à condition d’être reconnus comme disposant d’un discernement suffisant — ce que l’expertise psychiatrique a confirmé dans ce cas.
Dans l’attente de l’audience au fond, une mesure éducative judiciaire provisoire a été demandée. Elle comprend notamment un module de santé avec orientation vers une prise en charge sanitaire, une interdiction de paraître à Hourtin, ainsi qu’une interdiction de circuler seule sur la voie publique entre 19h et 6h du matin, sauf en présence d’un éducateur.
L’affaire d’Hourtin illustre la complexité des situations auxquelles la justice des mineurs peut être confrontée. Si la responsabilité pénale de la jeune fille a été établie, la réponse judiciaire privilégie, conformément à la loi, l’accompagnement éducatif et sanitaire plutôt que la sanction. L’audience au fond, qui déterminera les mesures définitives, reste à venir. Pour les 31 salariés du supermarché et les commerçants voisins sinistrés, la question de la reconstruction demeure, elle, entière.



