L’audition du 29 avril réunissait notamment Coline Berry, l’illustratrice Cécile Cée et Mirlo Dulaurier. Une séance qui a profondément marqué les parlementaires présents, par la brutalité des récits entendus et la clarté des réformes réclamées.
Une commission inédite à l’Assemblée
Créée à l’unanimité le 28 janvier 2026, la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses est la première du genre à l’Assemblée nationale. Elle examine les défaillances judiciaires et sociales dans la prise en charge de ces crimes, et doit remettre des propositions législatives sous six mois. Un rapport parlementaire distinct, publié le 15 avril 2026, avait déjà recommandé de rendre imprescriptibles les crimes contre les mineurs.
Le témoignage de Coline Berry : une solitude insupportable
Psychothérapeute de formation, Coline Berry est l’une des premières personnalités publiques à avoir brisé un tabou encore profondément ancré en France, en accusant son père de violences sexuelles dans l’enfance. Devant la commission, elle n’a pas atténué son propos.

« C’était des viols répétés, presque chaque week-end », a-t-elle déclaré aux députés, décrivant des faits qu’elle situe entre 1984 et 1985. Elle a évoqué les traces indélébiles laissées par ces années : « je garde encore aujourd’hui le souvenir de l’odeur, le souvenir des sensations, le souvenir des images. » Un témoignage d’une précision troublante, qui a saisi l’hémicycle.
Elle a également décrit les mécanismes de survie développés dès son plus jeune âge : à 10 ans, elle avait cessé de s’alimenter pendant les vacances scolaires pour contraindre son père à la renvoyer chez sa mère. Elle avait aussi construit une barrière autour de son lit. « Ce qui me frappe, c’est à quel point j’ai été seule », a-t-elle confié aux élus.
Sa plainte, déposée en 2022, avait été classée sans suite par le parquet de Paris en raison de la prescription des faits. En juillet 2024, elle avait par ailleurs été acquittée de poursuites en diffamation. Devant la commission, elle a appelé à rendre les crimes sexuels sur mineurs imprescriptibles, à interdire les poursuites en diffamation pendant une enquête en cours, et à systématiser les expertises dès l’ouverture d’une instruction.
La famille Gainsbourg citée : quand l’inceste devient culture
L’illustratrice et militante Cécile Cée a apporté à cette audition un regard différent, centré sur l’ampleur sociale du phénomène. Pour elle, l’inceste n’est pas une succession de cas isolés, mais la manifestation d’une dynamique culturelle profondément enracinée. « L’inceste est un crime de masse, le nombre de familles incestueuses présentes dans la société est vertigineux », a-t-elle affirmé devant les députés.
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