📌 JO 2026 : Amber Glenn brise le tabou des règles en compétition : « C’est dur et personne n’en parle »
Posted 24 février 2026 by: Admin

L’Échec Du Programme Court Et La Remontée Spectaculaire D’Amber Glenn
Le parcours olympique d’Amber Glenn aux Jeux de Milan Cortina 2026 restera comme l’illustration parfaite des montagnes russes émotionnelles du patinage artistique. La patineuse américaine, annoncée parmi les favorites pour une médaille, a vécu une compétition en deux temps radicalement opposés. Son programme court a d’abord tourné au cauchemar : 67,39 points seulement, une 13e place qui semblait refermer toutes ses ambitions de podium. Loin, très loin du niveau attendu d’une athlète de son calibre.
Mais le programme libre a révélé une tout autre Amber Glenn. Métamorphosée, elle a enchaîné les éléments avec une assurance retrouvée, signant une performance saluée par les juges et le public. Son triple axel, jugement technique le plus difficile du patinage féminin, a été qualifié par les spécialistes comme le plus réussi de sa carrière. La récompense est tombée : 147,52 points, la troisième meilleure note du libre. Une remontée spectaculaire qui a marqué les esprits.
Pourtant, malgré cette performance remarquable, le retard accumulé lors du programme court s’est avéré trop important. Le classement final, dominé par sa compatriote Alysa Liu, n’a pas permis à Glenn de décrocher la médaille tant espérée. C’est dans ce contexte de déception sportive nuancée par une prestation libre exceptionnelle qu’elle a choisi de briser un silence pesant.

La Révélation Choc : « J’ai Mes Règles En Ce Moment »
C’est face aux caméras de France Télévisions qu’Amber Glenn a choisi de franchir une ligne rarement traversée dans le sport de haut niveau. Visiblement émue après sa performance, la patineuse de 26 ans a lâché une déclaration qui a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux : « _J’ai mes règles en ce moment, donc c’est vraiment difficile, surtout quand on doit porter ce genre de vêtements et qu’on doit être performante devant le monde entier_ ».
Dans un univers où l’image compte autant que la technique, où les tenues moulantes ne laissent aucune place à l’imperfection, cette confession a résonné comme un coup de tonnerre. Glenn n’a pas cherché à édulcorer son propos. « _C’est dur et personne n’en parle. C’est vraiment effrayant, ça vous rend très émotive. Et pendant ce temps, vous devez quand même être une athlète_ », a-t-elle poursuivi, portant sur la glace olympique une réalité physiologique soigneusement occultée.
La patineuse américaine n’a pas utilisé ces mots comme une excuse. Son triple axel et sa remontée au classement témoignent d’une combativité intacte. Mais en nommant explicitement ce que vivent des milliers de sportives chaque mois, elle a ouvert une brèche dans le silence qui entoure les contraintes physiologiques du corps féminin. Une prise de parole directe, sans filtre, qui tranche radicalement avec la discrétion habituelle sur ces questions dans l’arène médiatique du sport de haut niveau.

Un Tabou Qui Touche Tout Le Sport Féminin
Cette réalité qu’Amber Glenn a exposée sans détour ne concerne pas qu’elle. Derrière la patineuse américaine, ce sont des milliers d’athlètes qui affrontent chaque mois cette équation impossible : maintenir un niveau d’excellence olympique tout en gérant des variations hormonales qui perturbent l’énergie, la concentration, parfois même la coordination. « _On ne parle pas suffisamment de ce problème pour les sportives_ », a-t-elle martelé. « _Je pense qu’il devrait être au centre des discussions_ ».
Ce silence qu’elle dénonce commence pourtant à se fissurer. Quelques jours avant sa prise de parole, la biathlète italienne Dorothea Wierer avait elle aussi évoqué l’impact des menstruations sur sa course. « _J’ai beaucoup peiné sur mes skis, ce n’était pas très agréable physiquement. Malheureusement, pour nous les femmes, c’est comme ça une fois par mois ; il faut faire avec_ », avait-elle confié à La Gazzetta dello Sport. Deux disciplines différentes, deux athlètes de générations proches, un même constat : cette dimension physiologique reste un angle mort du sport féminin.
Certains staffs techniques intègrent désormais le suivi du cycle menstruel pour ajuster les charges d’entraînement. Mais dans l’espace médiatique, ces réalités demeurent périphériques, comme si elles contredisaient l’image d’une athlète censée maîtriser son corps en toutes circonstances. En nommant publiquement ce que d’autres taisent, Glenn et Wierer participent à normaliser une conversation que le sport olympique n’a jamais vraiment osé tenir.

Vers Une Nouvelle Parole Sur Le Corps Féminin Dans Le Sport
Ces témoignages marquent un tournant. Longtemps, la performance féminine a été analysée sans considération pour les paramètres physiologiques qui la façonnent. Aujourd’hui, des athlètes comme Amber Glenn refusent cette omission. En parlant sans détour devant les caméras, elle n’a pas cherché d’excuse pour sa cinquième place, mais une forme de reconnaissance pour ce que vivent tant de sportives dans l’ombre des podiums.
Son geste s’inscrit dans une évolution plus large. Certaines équipes nationales intègrent désormais le suivi menstruel dans leur préparation, adaptant récupération et intensité selon les phases du cycle. Pourtant, ce progrès reste discret, presque marginal dans le discours public. Comme si admettre l’influence des menstruations revenait à fragiliser l’image d’une athlète censée transcender les contraintes de son corps.
La déclaration de Glenn bouleverse cette logique. En nommant publiquement ce que d’autres taisent, elle déplace le regard : du silence vers la parole, de la honte vers la normalité. Sa cinquième place restera dans les résultats olympiques. Mais ses mots, eux, pourraient transformer durablement la manière dont le sport parle du corps féminin. Non plus comme un obstacle à contourner, mais comme une réalité à intégrer pleinement dans la compréhension de la performance.










